Les antirétroviraux désormais gratuits au Togo

Le gouvernement togolais a décrété, le 17 novembre, la gratuité de l’accès aux antirétroviraux pour les personnes vivant avec le VIH-Sida.

Notre correspondant au Togo

Selon un communiqué, la décision du gouvernement togolais de rendre gratuit l’accès aux antirétroviraux est immédiate. Elle concerne près de 7000 personnes vivant avec le VIH (PVVIH), et qui s’approvisionnent auprès de la Centrale d’Achats des Médicaments Essentiels et Génériques (CAMEG), la seule structure habilitée à commercialiser ces types de produits au Togo.

Des comités thérapeutiques sont créés dans les cinq régions économiques du pays pour garantir de la gratuité des ARV aux personnes malades, « suivant les critères d’inclusions établis », selon le document.

« Nous sommes heureux de cette décision du gouvernement, mais cela n’est pas une fin en soi quand on sait que les PVVIH ne sont pas encore au bout de leur peine », a estimé Augustin Dokla, Président de Ras +, Réseau des Personnes vivant avec le VIH. Pour lui, les gouvernants doivent encore se battre pour que les plus de 25 000 PVVIH recensés sur le territoire togolais puissent tous avoir accès au médicament. Il a également relevé le coût élevé du bilan thérapeutique (25 000 FCFA, soit 38 euros) et du bilan de suivi biologique, avec une périodicité de 3 mois dont les frais varient entre 15 et 18 000 Fcfa, selon le laboratoire.

Succès de la mesure

Au Togo, le prix des ARV varie de 3 700 à 25 000 FCFA. Ce qui n’est pas à la portée de la majeure partie des malades. Avec ce décret de gratuité à l’accès aux antirétroviraux, on a assisté à une affluence monstre des PVVIH au siège du CAMEG dans l’enceinte du Centre Hospitalier de Universitaire d Lomé. Du coup, plusieurs citoyens sont tentés de connaitre leur statut sérologique.

« J’ai moins peur de vouloir me dépister, parce que je sais qu’avec la nouvelle mesure du gouvernement, je peux me soigner », nous a confié Edem Sounou, tapissier à Lomé.

Le Président du Réseau des Personnes vivant avec le VIH en appelle à la vigilance de tous, de telle sorte que « les ARV ne se retrouvent derrière les frontières togolaises ».

Selon le rapport 2007 du Programme national de lutte contre le Sida (PNLS), plus de 7890 PVVIH ont eu accès aux ARV au Togo. Sur plus de 5 millions d’habitants, le Togo compte un taux de prévalence de 3,2%.