Le Zimbabwe, plus mal et plus seul

Tandis que la FAO craint une famine, le Royaume-Uni déçoit en refusant de s’impliquer davantage dans la résolution des troubles.

 » Il y a des raisons de plus en plus sérieuses de craindre que la poursuite de la violence occasionnera une chute sévère de la production et de la livraison de nourriture [au Zimbabwe]. La sécurité alimentaire nationale sera mise en danger.  » : tel est le verdict délivré vendredi par la FAO, l’instance de l’ONU en charge de l’agriculture et de l’alimentation. Le même jour, on apprenait que le Commonwealth n’envisageait aucune intervention pour rétablir la paix civile à Harare.

Les violences subies par les fermiers blancs et leurs ouvriers noirs au Zimbabwe coïncident désormais avec la période de plantation du tabac – principale source extérieure de revenus du pays -, mais aussi du maïs qui est l’aliment de base du pays. Les plantations d’orge, qui devraient débuter en juin, sont elles aussi presque exclusivement effectuées par les fermes commerciales détenues par des Blancs.

Drôle à en pleurer…

Selon Don Mc Kinnon, secrétaire général du Commonwealth cité par le journal britannique The Times, la violence actuellement en cours au Zimbabwe est un phénomène normal :  » C’est la politique africaine. Dans le meilleur des cas, la politique africaine est versatile. Tant qu’il n’y a  » ni coup d’Etat, ni annulation des élections « , le Commonwealth considère que le président Mugabe demeure un interlocuteur valable.

Ce légalisme britannique fort opportuniste est à mettre en parallèle, dans la même page du journal anglais, avec un dessin représentant Robert Mugabe s’exprimant à un micro et disant :  » Des élections libres et équitables auront lieu dès que nous nous serons débarrassés de l’opposition. «  On peut gager que les fermiers blancs du Zimbabwe goûteront toute l’amertume de cet humour, eux qui sont le plus souvent titulaires d’un passeport britannique…