Le Togo, un président mal en point pour l’Afrique

Le pays de l’imminent président de l’OUA souffre d’une crise économique aggravée par la gestion du régime.

Le pays qui accueille, depuis lundi matin, le 36 ème sommet de l’OUA et qui présidera pendant un an l’organisation souffre de grandes difficultés économiques, liées pour partie aux échecs de sa gestion politique. Cette faiblesse risque d’handicaper le président Eyadema en vue d’asseoir la crédibilité diplomatique du Togo au cours de son mandat panafricain.

Les dernières années ont été très dures pour l’économie togolaise. Le plan d’ajustement adopté à la suite de la dévaluation du franc CFA, en 1994, a permis de relancer la croissance dans un premier temps. Mais en 1998, les mauvaises conditions climatiques et la crise de l’énergie se sont additionnés pour mettre en cause la reprise de l’activité.

Des atouts importants

Cependant, le facteur le plus pénalisant pour l’économie en 1998 a été, selon la Banque mondiale, la préparation de l’élection présidentielle qui a abouti à l’énième réélection du président Eyadema :  » Le contrôle des dépenses a cessé (…) de nombreuses dépenses ont eu lieu en dehors de la procédure budgétaire normale, témoignant de la faiblesse persistante de la gestion de l’argent public « , décrit notamment l’institution financière.

La principale entreprise publique, l’Office togolais des phosphates (OTP), a vu sa privatisation retardée faute d’acquéreurs. Par ailleurs, ses comptes ont été utilisés pour renflouer les caisses de l’Etat.

Il reste que le Togo concentre des atouts géo-économiques importants. Sa situation et la qualité de ses infrastructures portuaires et aéroportuaires, note-t-on à la Direction française des relations économiques extérieures (DREE), en font un pays de transit naturel vers le Sahel, en particulier vers le Burkina Faso et le Mali.