Le « petit chikungunya » s’attaque à Maurice

L’Ile Maurice est touchée depuis deux semaines par une épidemie de fièvre virale dont les symptômes ressemblent étrangement à ceux du chikungunya. Intrigué, le ministère de la Santé a envoyé des échantillons sanguins à La Réunion pour analyse. Près de 20 000 personnes se seraient présentées dans les centres de santé pour ce mal, contre 6 000 pour le chikungunya.

Ça y ressemble, mais ce ne serait pas le chikungunya. Depuis près de deux semaines, l’Ile Maurice est frappée par un mal dont les symptômes ressemblent étrangement à celui de « l’homme courbé » (traduction du terme swahili chikungunya) : fièvre, courbatures, douleurs articulaires et musculaires. La différence est que cette affection disparaît au bout de 48 heures et qu’elle ne laisse aucune séquelle. Le ministre de la santé, Satish Faugoo, rappelle que « chaque année, à pareille époque, plusieurs types d’infections virales – influenza, infections pulmonaires et gastro-entérite, provoquant de la fièvre, apparaissent ». Des épidémies dues « aux changements de climats », confirme son ministère.

« Néanmoins, rajoute-t-on, nous avons remarqué cette année un nombre surélevé de gens qui se présentent aux soins avec des symptômes de gros ‘rhume’. Par ailleurs, ces gens souffrent de douleurs articulaires et musculaires, un symptôme qui n’apparaît pas pour un rhume, et qui se rapproche plus du chikungunya. Nous sommes intrigués et avons envoyé des échantillons sanguins à analyser à l’étranger, pour savoir exactement de quoi il s’agit ».

Les stocks d’anti-inflammatoires vite épuisés

Le ministère attend le retour des analyses afin de confirmer qu’il s’agit d’un autre virus que celui du chikungunya, de définir son identité et de pouvoir estimer le nombre de personnes touchées. Mais selon L’Express de Maurice, qui s’est appuyé sur les chiffres des dispensaires fournis par le ministère, 20 000 personnes se seraient présentées dans des hôpitaux et centres de soin avec de la fièvre et des courbatures, avec une moyenne de 2 000 visites par jour qui ne faiblit pas.

Au contraire, les autorités sanitaires, qui enregistraient de 4 à 500 cas de chikungunya par jour, il y a un mois, affirment n’en déceler que quarante aujourd’hui. En tout, moins de 6 000 personnes auraient contracté le virus transmis par l’aedes albopictus (nom scientifique du moustique). Le problème est que les deux épidémies se soignent avec les mêmes types de médicaments : paracétamol pour faire baisser la fièvre et anti-inflammatoires pour traiter les douleurs. Et depuis quelques jours, les pharmacies privées éprouveraient de plus en plus de difficultés à maintenir leurs stocks en anti-inflammatoires, selon Bernard Saminaden, de L’Express. Certaines affirment ainsi vendre leurs réserves de trente jours en trois mois.