Le nouveau ministre contesté prend fonction en Guinée

Le nouveau ministre guinéen de la Communication et des NTIC, Issa Condé, qui a pris fonction lundi soir au cours d’une cérémonie boudée par son prédécesseur, a assuré le Premier ministre Lansana Kouyaté de sa disponibilité à apporter une « contribution de qualité » à l’action de son gouvernement.

M. Condé a été nommé ministre au lendemain du limogeage, jeudi dernier, par le président Lansana Conté, de Justin Morel Junior, sans l’aval du Premier ministre Lansana Kouyaté, dont il était un proche.

Dans cette déclaration au cours de sa prise de service, M. Condé a invité les travailleurs de son département à se mobiliser afin d’achever le travail débuté par son prédécesseur, reconnaissant prendre fonction « au moment où chacun s’interroge sur l’avenir de notre société ».

Il s’est assigné comme tâche « la conceptionn, l’élaboration, la mise en oeuvre et le contrôle de la politique du gouvernement dans les domaines de l’information, du cinéma, de la photo, de la vidéo, des télécommunications et des Nouvelles technologies de l’information ».

Le nouveau ministre de la Communication et des NTIC s’installe dans ses nouvelles fonctions alors que les centrales syndicales menacent de déclencher une grève générale illimitée si, entre autres, le décret le nommant n’est pas rapporté par le président Conté.

Le limogeage de son prédécesseur, Justin Morel Junior, avait provovoqué des émeutes dans plusieurs régions de la Guinée et plongé le pays dans une nouvelle crise politique dans laquelle le Barreau de Guinée a pris fait et cause pour le président Lansana Conté.

S’exprimant à la Radio télévision guinéenne (RTG), le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Guinée, Me Boubacar Sow, a martèlé, lundi soir, que « les syndicats ne sauraient valablement contester un décret du président de la République limogeant un ministre, à plus forte raison déclencher une grève.

« C’est la première fois dans l’histoire qu’un syndicat lance une grève pour soutenir un gouvernement et un Premier ministre contre le chef de l’Etat », a ajouté M. Sow qui indique que la Constitution guinéenne doonne le droit au chef de l’Etat de limoger un ministre de son gouvernement sans en rendre compte à quelqu’un.

Pour lui, le ministre limogé, Justin Morel Junior, est « coupable d’abus d’autorité pour avoir empêchéé la diffusion de l’adresse à la Nation du président Conté et sanctionné un journaliste qui a fait son travail de journaliste ».

Plutôt que de s’opposer au limogeage de son ministre, le Premier ministre Lansana Kouyaté aurait dû prendre l’iniative personnelle de le limoger, estime Me Boubacar Sow, pour qui le président de la République ne doit tolérer aucune cacophonie au sommet de l’Etat ».

Enfin, le Barreau de Guinée propose la lévée du mot d’ordre de grève lancé le 04 janvier dernier par quatre centrales syndicales.