Le Nigeria en orbite avec l’Afrique

Huit ans après son départ de l’Organisation régionale africaine de communications par satellite (RASCOM), le Nigeria réintègre le projet, deux ans avant le lancement du premier des trois satellites panafricains.

1992, le clash. Le Nigeria, débouté par scrutin dans son désir d’abriter le quartier général de la RASCOM se retire de l’organisation. Le pays réintègre aujourd’hui le groupe et en devient le 44 ième membre. L’accord de convention sera signé le 15 janvier prochain.

A l’image d’Arab sat pour les pays arabes, la mission de la RASCOM est d’installer une infrastructure de télécommunication propre à couvrir toutes les besoins en la matière d’ un continent : l’Afrique.

 » Jusqu’à présent, il n’y a pas d’interconnectabilité entre tous les pays africains  » confie M Leke, vice président, relations internationales de la RASCOM.  » L’Afrique dépense chaque année quelques 500 millions de dollars pour les seuls frais de transit à des opérateurs étrangers « , poursuit-il.

Des communications moins chères

Mais bientôt l’Afrique pourra disposer de son propre système de satellites. Elle supprimera ainsi dans ses communications toutes les charges financières liées à une intermédiation extra-continentale. Ce sont les utilisateurs finaux, les usagers qui bénéficieront de ces allègements de coûts.

 » Les services téléphoniques africains devraient proposer des tarifs nationaux à moins de 10 cents la minute « , souligne M Leke. Une situation qui découle d’économies d’échelle réalisées par l’achat en commun des satellites et des stations terrestres nécessaires à la future plate forme de télécommunication.

 » En partenariat avec Alcatel space communication, le premier des trois satellites sera opérationnel début 2003. A terme, ce sont 500 000 terminaux multimédia qui seront disponibles pour les pays africains « , explique M Leke.

Le coût total de l’opération s’élève à 500 millions de dollars. Soit le montant des frais de transit annuel du continent. Le calcul de rentabilité est simple et les futurs avantages évidents. On comprend bien dès lors pourquoi le Nigeria n’entend pas rester seul sur la touche.