Le Mali bientôt en récession

Le Mali entrera en récession cette année. C’est le triste constat fait par une délégation du Fonds Monétaire International (FMI), qui a séjourné à Bamako durant deux semaines. Cette période difficile dans laquelle se trouve l’économie malienne s’explique selon le FMI par l’insurrection armée au nord du pays et les effets néfastes du coup d’Etat militaire du 22 mars dernier.

(De notre correspondant)

Les signaux de l’économie malienne sont au rouge. Pire, le Fonds Monétaire International (FMI) prédit une récession cette année pour ce pays, qui souffre des conséquences désastreuses de l’occupation de son septentrion par les islamistes armés. « L’économie malienne traverse une période difficile. Déjà en difficulté à cause de la très mauvaise récolte de 2011–12, elle a beaucoup souffert du coup d’Etat de mars 2012 et de ses retombées. D’importants dégâts matériels ont été infligés au secteur public et au secteur privé », soutient Christian Josz, chef d’une délégation du FMI qui a séjourné à Bamako du 1er au 14 novembre.

Indicateurs au rouge

Selon l’institution de Bretton Woods, le Produit intérieur brut (PIB) réel devrait se contracter de 1,5 % en 2012, après une croissance de 2,7 % seulement en 2011. La mauvaise récolte de 2011 et les perturbations des échanges commerciaux devraient porter l’inflation moyenne à 5,9 % en 2012. Une situation qui a amené les autorités à faire preuve de prudence en matière de politique budgétaire. Cela pour compenser la perte de recettes par des coupes dans les dépenses, en particulier les dépenses d’investissement, et par une réduction des subventions implicites aux produits pétroliers et au gaz de cuisine. Ce qui devrait limiter le déficit budgétaire de base notamment les recettes et dons budgétaires à 1 % du PIB en 2012.

Selon Christian Josz, l’occupation du nord du pays a fortement perturbé la production agricole et les commerces. La détérioration de la situation en matière de sécurité a provoqué une chute des voyages d’affaires au Mali. Les secteurs du commerce, des hôtels et des restaurants ont été durement touchés. « La décision prise par les partenaires au développement de suspendre l’appui budgétaire et une bonne partie de l’aide-projet à l’administration a entraîné une contraction du secteur des bâtiments et des travaux publics. Mais le secteur minier s’est avéré une source de croissance stable, et la récolte de 2012–13 s’annonce favorable », soutient M. Josz dans un communiqué à l’issu des entretiens qu’il a eu avec les plus hautes autorités maliennes.

Face à cette situation le gouvernement malien sollicite 18 millions de dollars, soit 9 milliards de FCFA, au titre de la facilité de crédit rapide (FCR). La FCR permet d’apporter rapidement une aide financière concessionnelle assortie d’une condition limitée aux pays à faible revenu qui se heurtent à un problème immédiat de balance des paiements. Le FMI a repris sa coopération avec le Mali, près de 8 mois après la suspension suite aux évènements du coup d’Etat militaire du 22 mars dernier, indique un communiqué de l’institution financière.