Le livre au coeur du débat


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La 7ème édition du Salon international du livre de Tanger se déroule du 23 au 26 janvier sous le thème  » Ecrire l’avenir à la lumière de l’Histoire « . La vocation du salon est d’être un espace de dialogue et de débat. Interview du directeur de l’Institut français de Tanger qui organise l’événement.

La 7ème édition du Salon international de Tanger (Silt) a lieu cette année du 23 au 26 janvier sous le thème  » Ecrire l’avenir à la lumière de l’Histoire « . Au programme : expositions, rencontres, débats et concerts. 5 000 personnes sont attendues pour l’événement. Jean-Luc Larguier, directeur de l’Institut français de Tanger-Tétouan, qui organise l’événement, revient sur la fonction du Silt.

Afrik : Pourquoi avoir choisi de placer la 7ème édition du Silt sous le thème  » Ecrire l’avenir à la lumière de l’Histoire  » ?

Jean-Luc Larguier : Parce que la question de l’Histoire liée à la mémoire est récurrente.

Cette réflexion a été engagée lors de la dernière édition du Silt qui avait pour thème  » Ecritures et résistances « . Il en est ressorti l’idée qu’on ne peut pas écrire l’Histoire sur la base de mensonges et donc qu’il était nécessaire de la revisiter. Une autre question est apparue comme essentielle : celle de l’engagement de l’écrivain et de l’intellectuel. C’est d’ailleurs le thème du prochain Silt.

Afrik : Quelle est l’ambition du Silt, vu la situation assez précaire du livre au Maroc ?

Jean-Luc Larguier : Depuis la création du salon, il y a 7 ans, elle a changé. Les premières années, c’était un salon local qui n’attirait que 200 à 250 personnes, essentiellement des intellectuels et une partie de la bourgeoisie marocaine. Nous avons voulu donner plus d’envergure à l’événement, tout en conservant un aspect convivial. Aujourd’hui, 5 000 personnes visitent le salon, ce qui est énorme quand on sait qu’au Maroc un livre se vend à 2 000 exemplaires environ. A terme nous aimerions bien sûr que le Silt devienne un événement d’envergure méditerranéenne.

Afrik : Comment espérez-vous élargir votre public ?

Jean-Luc Larguier : Notre volonté est d’attirer les étudiants des universités et des écoles même si on sait qu’ils n’achèteront pas de livres faute de moyens. Nous avons donc programmé une rencontre avec Marc Dugain, auteur de La Chambre des Officiers, qui vit au Maroc. La salle était pleine de jeunes, de même que pour la conférence avec Edmond Amran el Maleh. Cette année, nous donnons aussi des conférences au niveau régional, à savoir à Larache, Chaouen ou encore Tétouan. La couverture médiatique est enfin plus importante afin de toucher plus de monde. Par exemple, les débats du Silt 2003 seront retransmis cet été sur France Culture.

Afrik : Votre salon sert-il d’espace de débat ?

Jean-Luc Larguier : Il est principalement un espace de débat. Les gens s’intéressent au livre justement parce qu’il est un moyen de débat. L’écriture au Maroc passionne plus par ce qu’elle raconte que par ce qu’elle est. Les gens ont envie de parler, d’échanger et veulent trouver des espaces de discussions. Le Silt en est un. Et plus le pays s’ouvre, plus le besoin de dialogue se fait sentir.

Afrik : Certains de vos détracteurs estiment que votre salon est trop élitiste . Que leur répondez-vous ?

Jean-Luc Larguier : C’est vrai que nous y abordons des sujets graves et difficiles et ce sans démagogie. Nous sommes dans une stratégie de pédagogie de l’effort et c’est sûr que nous n’aurons jamais autant de monde que pour un festival de musique. Mais nous resterons sur cette ligne, il est hors de question de bâtir un salon autour de pseudo-sujets juste pour attirer du monde. Il faut qu’il en ressorte quelque chose.

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