Le Continent africain présent au 46ème Salon International de l’Agriculture de Paris

Pour la 46ème édition du Salon International de l’Agriculture de Paris, les couleurs de l’Afrique sont portées, plus ou moins haut, par la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Congo, le Cameroun et le Maghreb. Une invitation au voyage allant de découvertes de saveurs subtiles en initiatives humanitaires en passant par tout le savoir-faire africain.

Par S. Bouyahia

L’Afrique au Salon International de l’Agriculture (SIA) 2005 de Paris. Le SIA, un rendez-vous incontournable réunissant une trentaine de pays de tout le continent, a la volonté de refléter la diversité des producteurs agricoles du monde. Les exposants africains profitent de cette opportunité pour présenter aux consommateurs français leurs filières végétales et les informer sur leurs différentes actions à vocations humanitaires. La Côte d’Ivoire, le Maroc, le Sénégal, affichant une présence plus affirmée que le Congo, le Cameroun, l’Algérie ou la Tunisie, nous ont, tour à tour, fait partager leurs saveurs et leurs ambitions de développement économique.

Le cacao et le café, vedettes de la Côte d’Ivoire

Le stand ivoirien, sous la présence de M. Koffi Valentin, ingénieur agronome et inspecteur au ministère de l’Agriculture, expose ses graines de café et ses cabosses de cacao. « C’est notre 10ème participation au Salon International de l’Agriculture. Cette année, nous souhaitons mettre en avant, la culture du cacao qui reste la plus importante du pays. La dernière production ivoirienne s’élevait à près d’un million trois cent milles tonnes, ce qui nous hisse au rang de numéro un mondial », précise Koffi Valentin.

Les consommateurs découvrent tout d’abord les cerises de café et les fèves de cacao présentées à l’état brut puis exposées en produits finis sous forme de café moulu, torréfié, de robusta, d’arabica, d’arabista, de chocolat pâtissier (sans matière grasse), de barres chocolatées et d’une grande nouveauté, la liqueur de café…tout est mis en œuvre pour appâter le visiteur ! D’autres aliments comme la banane, la banane séchée, l’ananas, le manioc, l’attiéké (graines de couscous de manioc) et le beurre de karité occupent leur place dans le stand national.

Les huiles d’argane et d’olive, saveurs du Maroc

Le Maroc, pour sa première participation au SIA, est représenté par M. Saïd Azarou, créateur des gammes d’huiles berbères Azarou. Une production personnelle, provenant de la région de Ain-Machkouk dans le Nord du Maroc, seule au Monde à être sélectionnée par le célèbre guide culinaire Gault Millau. A base d’olive, de colza ou d’argane, chaque huile est faite selon un savoir-faire traditionnel marocain bien défini, et possède des vertus différentes. « L’huile d’argane, qui vient de l’arganier, un arbre classé patrimoine nationale par l’ONU, possède des vertus gustative, cutané et capillaire. C’est un arbre en voix de disparition que nous tentons à tous prix de sauvegarder (…) Nos huiles d’olive font appel un art traditionnel, la cueillette se fait à la main, et les olives sont disposées dans des cachots pour conserver leur fraîcheur. La trituration doit se faire au maximum dans les 24heures après la cueillette. Nous produisons des huiles extra vierges très douces (…) L’année prochaine nous bénéficieront d’une AOC (Appellation d’origine contrôlée) », explique Saïd Azarou.

« Nous avons un projet de plantation de 10 000 arbres dans la region Ain-Machkouk. Notre but est de développer l’économie rurale du pays ». Saïd Azarou, est le président de l’association Ain-Mackouk Guerouane du nord pour le développement. « Avec les membres de l’association, un ensemble d’intellectuels, nous nous considérons comme les ambassadeurs du pays (…) nous cherchons à préserver la culture de l’arganier, en voie de disparition, c’est aussi un moyen de sauvegarder l’emploi des femmes berbères du sud marocain, de développer durablement la région, de lutter contre la désertification et de fournir les infrastructures manquantes comme les routes, électricité, l’eau (…) le marché de l’huile permet de développer d’autres secteurs économiques comme le tourisme. En général, ceux qui ont goûté des aliments de qualité veulent mieux connaître la culture du pays ! »

Les chercheurs de l’ISRA, ambassadeurs du Sénégal

Le SIA de Paris est pour la communauté des chercheurs sénégalais de l’ISRA (Institut Sénégalais de Recherches Agricoles) un avènement. La structure en est à sa 5ème participation. Emile Victor Coly, membre du collectif, nous explique que « les innovations technologiques dans les pratiques paysannes permettent d’obtenir de meilleures, voir de nouvelles, variétés de produits. Par exemple, toutes les variétés d’arachide que nous cultivons sont le fruit d’une recherche agricole approfondie, tout comme pour le niebe ou le sorgho. Par ailleurs, près de 300 variétés de riz ont été crées, dont le riz pluvial et irrigué. Si le riz et le sorgho demeurent nos principales productions, nous introduisons également une nouvelle culture au Sénégal, celle du sésame ! (…) Nous travaillons aussi en ce moment sur les composants animaliers pour enrayer les différentes maladies du cheptel ».

L’ITA, (Institut de Technologie Alimentaire), organisme chargé essentiellement de la valorisation des ressources alimentaires locales, est également présent sur le stand sénégalais. Omar Lo, le Directeur commercial et des relations extérieures, nous explique les principaux points d’actions de l’ITA : « Notre but est de guider et de coordonner les recherches et les études sur le traitement des produits, de développer de nouvelles ressources alimentaires dérivées des productions locales, de promouvoir et d’appuyer l’installation de PME et PMI au Sénégal (…) En juin 2005, nous organisons à Dakar une exposition 100% Afrique, une opération qui a pour but d’élargir le marché des produits africains à travers la pénétration des chaînes de distribution sur le marché africain et international».

Si le Sénégal, le Maroc et la Côte d’Ivoire ont mis les petits plats dans les grands pour cette édition 2005, l’invitation aux délices d’Afrique continue toutefois avec la présence de stands moins ambitieux de l’Algérie, la Tunisie, du Cameroun ou encore du Congo. Aucun pays anglophone n’a cependant fait le déplacement, une absence fièrement compensée par de dignes représentants du continent.