Le capitaine Dadis Camara en Guinée

Après quatre ans d’absence, l’ex-chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, qui vit en exil au Burkina Faso, est arrivé ce samedi 13 avril, à N’zérékoré, sa ville natale, située à 1000 km de Conakry au sud de la Guinée. Il va assister dimanche aux obsèques de sa mère décédée le 3 avril dernier au Maroc à l’âge de 103 ans.

De notre correspondant, à Conakry

En provenance de la capitale du Libéria, Monrovia, l’avion transportant le capitaine Moussa Dadis Camara, s’est posé ce samedi aux environs de 11 heures sur le tarmac de l’aéroport de N’zérékoré en présence des autorités régionales de cette localité, à savoir le gouverneur et le préfet.

Le capitaine Camara était accompagné d’un général de l’armée burkinabè, Gilbert Diendéré et d’un membre du protocole libérien, David Anderson. Les partisans de l’ancien putschiste n’ont pas voulu se faire conter l’événement, ils sont venus nombreux pour lui prêter main forte. Parents et amis également étaient de la partie à l’aéroport de N’zérékoré.

Dimanche, le capitaine Dadis va assister à l’inhumation de sa maman Tongo Christine Koné décédée mercredi 3 avril dernier dans un hôpital marocain à l’âge de 103 ans. Après la cérémonie funèbre, Moussa Dadis Camara regagnera le Burkina-Faso. Profitant de cette occasion du retour du capitaine en Guinée, plusieurs organisations des droits de l’homme notamment la Fédération internationale guinéenne des droits de l’Homme (FDHI) et du collectif des avocats des victimes du 28 septembre invitent les juges chargés du dossier du 28 septembre 2009 à auditionner le capitaine.

La justice doit poursuivre son travail

« Si les commissions rogatoires n’ont pu aboutir jusqu’à présent, la justice guinéenne pourrait profiter de la présence de Moussa Dadis Camara sur le sol guinéen pour poser les questions qui lui avaient été adressées lorsqu’il séjournait à Ouagadougou », a déclaré Me Patrick Baudoin, Président d’honneur de la FIDH et membre du collectif des avocats des victimes du 28 septembre dans un communiqué rendu public vendredi.

« Nous respectons le deuil de M. Dadis Camara et la possibilité pour lui d’assister aux funérailles de sa mère et de se recueillir avec ses proches. Nous demandons simplement que la justice puisse poursuivre son travail, pour que la vérité soit enfin connue et les responsables jugés. Nous aussi, nous avons connu le deuil mais pour beaucoup d’entre nous, nous n’avons pas eu la possibilité d’enterrer nos proches», a déclaré le père d’une victime disparue au stade le 28 septembre.