Le Burundi dans l’impasse

Plusieurs chefs d’Etats est-africains sont venus soutenir les efforts de paix de Nelson Mandela. En vain. Les partis burundais ne sont pas parvenus, lundi, à se mettre d’accord à Arusha (Tanzanie) sur la forme de leur futur gouvernement de transition.

Une nouvelle tentative pour faire respecter l’accord de paix signé à Arusha cet été s’est soldée par un échec. Les divers partis burundais n’ont pas réussi à trouver un accord pour mettre en place un gouvernement multipartite de transition. Les cinq présidents présents, Pierre Buyoya du Burundi, Daniel Arap Moi du Kenya, Benjamim Mkapa de Tanzanie, Paul Kagame du Rwanda et Joseph Kabila de la République du Congo, ont manifesté leur déception face à cet échec.

Nelson Mandela, médiateur du processus de paix, a proposé que la période de transition de trois ans, prévue dans l’accord de paix du 28 août 2000, soit partagée en deux. Dix-huit mois de présidence tutsie et dix-huit mois de présidence hutue. Les pays en présence lundi à Arusha ont accepté cette option.

Hutus et Tutsis refusent les propositions de Mandela

La population burundaise compte 85 % de Hutus, mais les Tutsis sont majoritaires au sein du gouvernement et de l’armée. Les deux ethnies s’affrontent depuis 1993 et ne semblent pas décidées à faciliter le retour de la paix. Les partis d’opposition hutus et tutsis ont proposé de leur côté que la présidence soit assurée par un Hutu avec un vice-président et un Premier ministre Tutsi.

L’un des conseillers de Nelson Mandela a déclaré que ces négociations constituaient « un pas en avant ». Rien n’est moins sûr. Cependant, la présence pour la première fois à Arusha du président de la République démocratique du Congo (RDC) vient renforcer la cohésion des pays impliqués.

En outre, Joseph Kabila pourrait augmenter la pression qui pèse sur les rebelles hutus dont le principal groupe, les Forces pour la défense de la démocratie, non signataire de l’accord de paix, dispose de bases en RDC. Il combat avec le gouvernement contre la rébellion congolaise.

Le désir insistant de Pierre Buyoya de vouloir rester au pouvoir entrave également le processus de paix. Les partis d’opposition hutus et tutsis refusent de rester dans l’accord si le président burundais reste en place. Les signataires de l’accord d’Arusha doivent se rencontrer de nouveau le 19 mars.