La tension monte à Goma : Kinshasa accuse, Kigali dément

Félix Tshisekesi et Paul Kagame (14 nov 21)
Félix Tshisekesi et Paul Kagame

Les autorités rwandaises ont démenti les accusations portées à leur encontre par leurs homologues congolaises. Kinshasa accuse Kigali de complicité avec les rebelles du M23.

Kigali a une nouvelle fois démenti les accusations portées à son encontre par Kinshasa. Depuis que les combats se sont rapprochés du chef-lieu de la province du Nord-Kivu, la tension monte à Goma dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement congolais, après une réunion de crise autour du Premier ministre, déclarait, mercredi soir, que «des soupçons se cristallisent sur un soutien qu’aurait reçu le M23 de la part du Rwanda».

Le même jour, alors qu’il prenait part aux travaux de lancement des Sommets de l’Union Africaine à Malabo, en Guinée Equatoriale, le ministre congolais des Affaires étrangères avait emboîté le pas à son collègue, sans mettre de gants. «Le Rwanda, je le dis sans hésitation, a attaqué le camp de Rumangabo… Le M23, soutenu par le Rwanda, a attaqué les troupes internationales… C’est le summum de l’outrecuidance, nous ne pouvons pas rester indifférents, nous ne pouvons pas ne rien dire», a lancé le chef de la diplomatie congolaise, Christophe Lutundula, faisant allusion à l’attaque d’une importante base des forces armées de RDC, située à une quarantaine de kilomètres au Nord de Goma.

Lundi, Kigali demandait une enquête au MCVE (Mécanisme de vérification conjoint élargi), affirmant que des roquettes venues de RDC avaient fait plusieurs blessés en territoire rwandais. L’armée congolaise, qui avait avancé que plus de 20 obus venus de l’Est étaient tombés sur son sol, avait aussi demandé l’ouverture d’une enquête par le MCVE, cet organisme régional qui surveille et mène des enquêtes sur les incidents de sécurité.

Seulement, le porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Maloko, insiste que ce conflit est «intra-congolais». Kigali précise à l’AFP qu’il serait «légitime que le Rwanda réponde aux attaques répétées des FARDC sur son territoire», seulement, l’armée rwandaise «n’est pas impliqué dans les combats en cours». En tout cas, la tension monte entre les deux pays. Un nouveau front a été ouvert, mardi, avec des combats qui ont éclaté autour de Kibumba, à une vingtaine de km au Nord de Goma.

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