La Saint-Sylvestre en Afrique

Hommes, femmes, des plus jeunes au plus vieux, l’heure est venue pour tous de se mettre sur son 31 pour célébrer la Saint-Sylvestre. En Afrique, le 31 décembre n’est pas une petite affaire. De Tunis à Kinshasa, les Africains vivent aux rythmes des préparatifs pour se souhaiter une bonne et heureuse année aux douze coups de minuit. Poulets et pommes de terre seront au rendez-vous ! Tour d’horizon.

Karim, 39 ans, cadre dans la finance, Tunis (Tunisie)

« En Tunisie, la Saint-Sylvestre n’est pas une référence religieuse mais une fête très commerciale qui est devenue un modèle de mondialisation. Les commerçants incitent beaucoup les gens à consommer. Les plus libéraux vont en boîte, au restaurant, et boivent du champagne. En ce qui me concerne, je préfère la fêter en famille, autour d’un bon plat de fruits de mer ! Vous savez, la Tunisie est un pays musulmans mais les Tunisiens ne sont pas tous pratiquants. Dans les médias français, je ne reconnais pas du tout la Tunisie, on dirait qu’ils parlent de l’Arabie Saoudite. »

Cheikh Ahmed Tidiane Diehdiou, 28 ans, étudiant en Droit, Dakar (Sénégal)

« Ici au Sénégal, on fête la Saint sylvestre en deux phases. De 20h à minuit, on reste en famille, on se souhaite une bonne et heureuse année. Puis de 1h à l’aube, on se retrouve entre amis. On se raconte nos meilleurs souvenirs de l’année passée autour d’un thé. La Saint-Sylvestre est une fête importante dans le pays. Le Sénégal est un pays musulman, mais à cette période de l’année, il est impossible de faire la différence entre les musulmans et les chrétiens car tout le monde célèbre le 31. »

Hady, 55 ans, mère au foyer, Dakar (Sénégal)

« Le 31, beaucoup de personnes vont à la place de l’indépendance à Dakar pour assister aux feux d’artifices. Les enfants adorent ça ! Les jeunes vont en soirée, mais en général, les personnes comme moi qui commencent à prendre de l’âge restent à la maison autour d’un bon repas. Je vais cette année préparer du bon poulet et bien l’assaisonner avec de la salade et des pommes de terre ! »

Diane, 23 ans, étudiante, Ouagadougou (Burkina Faso)

« Le jour de la Saint-sylvestre on va prier à l’Eglise. Avant de faire le show ! Il faut d’abord prier le bon Dieu ! Nous prions de 22h à minuit, ensuite nous passons aux festivités ! Certains vont en boîte, soirées, d’autres restent en familles autour d’un bon bamdenda, un met traditionnel burkinabè. Le Bamdenda est un mélange de feuille d’oseille et de poudre d’arachide. On prépare aussi des plats très occidentalisés avec de la viande, poulet, parfois poisson accompagné de pommes de terres. »

Saila, 40 ans, cadre supérieure, Casablanca (Maroc)

« Dans la catégorie des cadres supérieurs qui ont mon âge, la Saint-sylvestre se fête en famille. Mais les jeunes, en particulier les célibataires, se rendent à Marrakech, Agadir, Casablanca, où de grandes soirées sont organisées. La Saint-sylvestre est une fête très commerciale au Maroc. Elle est surtout appréciée dans les grandes villes touristiques. Mais dans les villages les plus reculées, les populations accordent peu d’importance au réveillon. »

Kouneichi, 30 ans, comptable, Bamako (Mali)

« Ici tout le monde se prépare pour le 31 plusieurs jours à l’avance. Les gens vont au marché faire leurs achats, passent chez le coiffeur. Les maris trompent leurs femmes ! Les jeunes filles trompent leurs copains ! C’est comme ça que tout le monde fait ainsi la fête ! Moi je ferai la fête avec mon mari et mes deux enfants. Je vais préparer du poulet, de la salade, et des pommes de terre. »

Mamadou, 30 ans, représentant du magazine panafricain Planète jeune, Nouakchott (Mauritanie)

« En Mauritanie les gens fêtent la Saint Sylvestre en famille. Rares sont ceux qui sortent en boites de nuit. Il faut savoir qu’ici, les boîtes de nuit ferment à minuit. Au-delà, les forces de l’ordre embarquent tous ceux qu’ils trouvent sur leur passage. Même les soirées organisées par les jeunes sont très surveillées et ne sont pas autorisées au-delà de minuit. C’est pour toutes ces raisons que la plupart des gens le fête en famille aussi bien à Nouakchott que dans les villages les plus reculés. »

Jacquemain, Shadani, 37 ans, avocat et membre du parti de l’UPDS, Kinshasa (République démocratique du Congo)

« Depuis la mascarade électorale du 28 novembre, le peuple congolais n’a plus le cœur à la fête. Il plaçait tous leurs espoirs sur ce scrutin mais la victoire nous a été volée. Ici à Kinshasa, tout est terne, triste, morose. Sinon les années précédentes à cette période de l’année, les gens allaient au grand marché central de la capitale. Ils y faisaient leurs achats et achetaient des vêtements pour les enfants malgré leurs conditions de vies précaires. Mais la réalité est qu’aujourd’hui, le peuple congolais n’a pas les moyens de s’adonner à des plaisirs imaginaires. Les caisses de l’Etat ont été saignées par cette fraude électorale. »