La riposte de Laurent Gbagbo contre la CPI

L’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo s’est exprimé ce jeudi devant la Cour pénale internationale dans le cadre de l’audience de confirmation des charges à son encontre. Il est soupçonné de crimes contre l’humanité commis lors des violences post-électorales de novembre 2010 dans son pays.

Vêtu d’une veste bleu marine assortie d’une chemise bleue ciel, c’est un Laurent Gbagbo très en forme qui s’est présenté ce jeudi devant les juges de la Cour pénale internationale (CPI). L’Ex-chef d’Etat ivoirien s’est exprimé pour la clôture de l’audience de confirmations des charges à son encontre.

L’audience de confirmation des charges doit permettre aux juges de la CPI de savoir si les preuves rassemblées contre lui sont suffisamment solides pour la tenue d’un procès. Il est soupçonné de crime contre l’humanité commis durant les violences post-électorales de novembre 2010 dans son pays.

« J’ai toujours lutté pour la démocratie »

Alors qu’auparavant il était plutôt silencieux, laissant son avocat assurer seul son réquisitoire, cette fois-ci Laurent Gbagbo a refusé de garder sa langue dans sa poche. Comme à son habitude, c’est avec un franc-parler sans gêne, qu’il s’est exprimé devant la justice internationale. « Toute ma vie, j’ai lutté pour la démocratie et ça toute la Côte d’Ivoire, toute l’Afrique et toute la France politique le sait », rapporte RFI.

« La démocratie c’est le vote mais c’est aussi qui dit les résultats du vote », a-t-il ajouté. « C’est parce que j’ai respecté la Constitution qu’on veut me mener ici. La démocratie, c’est le respect de la Constitution, alors si vous voulez me condamner, bon… », a-t-il conclu.

L’ex-président ivoirien a également pointé du doigt son rival Alassane Ouattara, affirmant que « c’est celui qui n’a pas gagné qui a semé les troubles». Depuis qu’il est incarcéré à la Haye, en novembre 2011, ses partisans n’ont cessé de dénoncer une justice des vainqueurs, et la partialité de la CPI.

Dans son rapport publié cette semaine, Amnesty international a dénoncé la poursuite des exactions menées contre les pro-Gbagbo par des éléments des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI).

Le président Alassane Ouattara a, quant à lui, promis que tous les responsables de crimes contre l’humanité seront condamnés quelque soit leur appartenance politique. Vu le contexte actuelle très tendue en Côte d’ivoire, la réconciliation nationale n’est pas pour demain.