La révolution du rail a commencé

2 000 kilomètres de voie ferrée pour relier le Burkina, le Sénégal, le Niger, le Bénin et le Togo. Un ambitieux projet de désenclavement se met en place entre les grandes capitales d’Afrique de l’ouest, qui devrait bientôt porter ses fruits économiques.

2 000 kilomètres de voie ferrée, c’est la mesure du projet de désenclavement orchestré de concert par le Togo, le Bénin, le Burkina Faso et le Niger pour relier les grandes capitales d’Afrique de l’Ouest. Pour Michel Bosio, directeur d’Africarail – la société créée pour assurer l’interconnexion entre ces pays – il s’agit de mettre en place une  » boucle économique complète  » pour faciliter les échanges dans la sous-région. Un projet ambitieux, dont le coût total devrait s’élever à … 2 milliards de dollars !

Le financement de cette révolution du rail ne semble pas inquiéter outre mesure les partenaires concernés.  » Le coût du projet est abordable « , affirmait le ministre béninois des Travaux publics et des Transports à Wal Fadjri. La Fédération des organisations patronales d’Afrique de l’ouest, à l’origine d’Africarail, a tout intérêt à voir le projet se réaliser. Bon point, le Conseil français des investisseurs en Afrique (Cian) s’est déjà proposé de parrainer la nouvelle société. Jean-Louis Castelneau, président délégué du Cian, se prononce pour un mode de financement en partenariat avec des organismes internationaux comme la Banque africaine de développement ou la Banque islamique de développement. A voir… Il est établi pour le moment qu’Africarail accordera 10% de son capital aux Etats initiateurs du projet et 90% au secteur privé.

Les fruits de la nouvelle desserte

Ce projet est une réelle nécessité pour la sous-région. La vétusté des 3 918 kilomètres de rail qui couvrent l’ensemble des pays de l’Union économique et monétaire d’Afrique de l’Ouest (UEMOA) n’est un secret pour personne. Les nouvelles lignes devraient d’abord relier Ouagadougou à Cotonou, via Niamey. Un deuxième projet est à l’étude pour édifier une voie entre Lomé et Ouagadougou. Les ports du Togo et du Bénin trouveraient ainsi de nouveaux débouchés.

L’exploitation des ressources agricoles et minières devrait se trouver dynamiser par le projet. Dans le cadre du congrès du Nouveau partenariat pour le développement (Nepad), qui s’est tenu récemment à Dakar, d’autres pays comme la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Guinée, le Mali et le Sénégal se sont même déclarés intéressés par une participation.