La loterie du rêve américain

Ils sont des millions d’Africains à s’inscrire chaque année à la loterie organisée par le Département fédéral d’immigration américaine, dans l’espoir d’obtenir la précieuse carte verte. Un document grâce auquel 50 000 heureux élus, tirés au sort à travers le monde, pourront vivre et travailler, au pays de l’oncle Sam, en toute légalité.

Plus besoin de demander un visa vacances et de faire ensuite un mariage blanc avec une vieille américaine, pour devenir citoyen de la première puissance mondiale ! Ce qui est le rêve de beaucoup d’Africains attirés par les Etats-Unis… Un rêve que seule la Green Card ou carte verte américaine peut réaliser. Chaque année, le Département d’Etat des Etats Unis offre l’opportunité à 50 000 personnes à travers une grande loterie mondiale, d’immigrer légalement au pays de l’oncle Sam.

Collectés entre le 2 octobre et le 1er novembre, les formulaires font l’objet d’un tirage au sort informatique. Pour l’année 2000, plus de 10 millions de demandes ont été enregistrées. En Afrique, les cinq pays qui ont eu le plus de bénéficiaires ont été le Ghana avec 6 531 cartes vertes, suivi du Nigeria (6 049), de la Sierra Leone (5 767), de l’Ethiopie (4 997) et enfin du Maroc (2 056).

Votée par le Congrès américain en 1990, la loterie porte officiellement le nom de Diversity Visa Program (ou DV Program). Elle est normalement gratuite. Le formulaire est même téléchargeable sur le Net :

Seuls les frais postaux sont payants. Pourtant, des sociétés sans scrupules exploitent le créneau un peu partout, dans les pays qui comptent le plus de candidats. Ces entreprises laissent entendre -implicitement- que leur médiation, moyennant finances (aux alentours de 399 FF), pourrait augmenter les chances d’être sélectionné.

Les critères de sélection

Bien qu’étant officiellement ouverte à tous, il existe deux critères de base que les candidats doivent impérativement remplir. Avoir au minimum un niveau d’éducation égal au baccalauréat et – les Etats-Unis ne reconnaissant pas le concubinage – être marié pour les couples qui postulent.

Mais, il existe également des critères -souvent méconnus du grand public- qui peuvent faire la différence et favoriser l’obtention de la carte verte. Un jeune de 30 ans, ayant fait des études supérieures, aura bien plus de chance qu’un retraité, par exemple. Les autorités américaines privilégient, en effet, une population jeune, plus encline à participer à l’économie du pays.

De la même manière, certains pays ne sont pas autorisés à participer à la loterie. Il s’agit de ceux qui ont déjà plus de 50 000 ressortissants immigrés aux Etats Unis durant les cinq dernières années. Des quotas qui ne peuvent pas tenir compte, bien sûr, des différentes populations clandestines, entrées avec un simple visa touristique, qui n’autorise pas à travailler dans le pays.

L’après Green Card

Les sélectionnés reçoivent par courrier, entre avril et juin, leur carte verte ainsi que celles de leur conjoint et enfants (moins de 21 ans). Une fois sur le sol américain, ils peuvent se mettre en quête d’un travail et d’un logement en toute légalité.

 » Ce qui frappe avant tout lorsqu’on débarque ici, dans une grande métropole comme New York, c’est le melting-pot. Il y a des gens qui viennent de partout et je pense que c’est ce qui facilite l’intégration. On est moins complexé, par exemple, quand on sait qu’il n’y existe presque pas de New-Yorkais pure souche. On peut donc s’adapter très facilement « , témoigne Omar Kane, jeune sénégalais de 35 ans, installé à New York depuis quatre ans. Il a quitté le Sénégal après avoir décroché sa carte verte à la loterie.

Les titulaires de la carte verte restent cependant bien conscients de leur chance. Car obtenir par la voie normale un tel document, est presque mission impossible pour un Africain vivant aux Etats Unis. Les critères sont extrêmement restrictifs. Il faut avoir un père, une mère ou un enfant américain (de plus de 21 ans) ou alors au minimum un diplôme de niveau licence et un certificat délivré par un employeur, ce qui est rarissime. Que cela ne vous empêche tout de même pas de tenter votre chance, si le coeur vous en dit.