La famine menace le Nord du Cameroun

Dans le Grand-Nord du Cameroun, le désert avance inexorablement. La dégradation de l’environnement dans la région entraîne l’insécurité alimentaire. Résultat : 25 000 personnes seraient aujourd’hui menacées de famine.

La désertification est la cause principale de la famine qui menace près de 25 000 personnes dans le Grand-Nord du Cameroun, a-t-on appris au cours d’une table ronde organisée lundi dernier à Yaoundé à l’occasion de la 33ème Journée mondiale de l’environnement. Au Cameroun, les organisateurs ont placé cette année la Journée sous le signe de la sensibilisation et de l’information sur les conséquences de la dégradation de l’environnement dans les zones arides avec un appel à l’implication de tous dans la lutte contre ce phénomène.

La table ronde, sur le thème « Désert et désertification, ne désertons pas les terres arides », a permis de cerner les particularités du Cameroun où le phénomène de la désertification se pose en termes différents selon les régions. Alors qu’au Sud, Centre, Ouest et Nord-Ouest le pays dispose encore d’une couverture végétale dense et variée, dans le Grand-Nord, le désert avance à grands pas. Cette région est en effet caractérisée par la rareté des précipitations avec une saison sèche s’étalant sur plus de sept mois à Maroua et seulement environ 200 millimètres d’eau par an.

La population concernée

Malgré leurs efforts, les autorités constatent que dans cette région, la dégradation de l’environnement se poursuit à un rythme accéléré, entraînant la dégradation des sols, l’insécurité alimentaire, des problèmes entre éleveurs et agriculteurs, des mouvements de transhumance, des problèmes d’approvisionnement en eau et des maladies hydriques. La table ronde de Yaoundé a indexé l’homme comme le principal destructeur de l’environnement, les besoins de survie l’amenant souvent à faire un usage abusif des ressources naturelles.

Aussi, les populations ont-elles été invitées à s’approprier les questions d’environnement pour stopper la calamité qui les guette. Il a également été suggéré que les programmes de lutte contre la désertification ne se focalisent pas seulement sur le reboisement. Il est important de trouver une alternative qui prenne en compte les besoins des populations, a souligné un participant, qui a estimé qu’il ne suffit pas de demander aux populations de ne pas couper le bois de chauffe quand elles ne peuvent pas avoir accès au gaz domestique, préconisant la baisse du prix du gaz pour que le bois soit préservé.