La diaspora africaine, l’avenir des communautés noires

La diaspora africaine est la clé du développement des communautés noires dans le monde. C’est en tous cas le message qu’ont tenu à dire les participants au Sommet des maires et dirigeants africains et de descendance africaine, qui s’est ouvert la semaine dernière, en Colombie, à Cali, en Amérique du Sud.

Présente partout dans le monde, la diaspora africaine a toujours eu un poids prépondérant pour les populations les plus démunies du continent. D’ailleurs, une récente étude prouve une fois de plus que l’aide que la diaspora injecte par exemple en Afrique est bien plus élevée que l’aide internationale au développement du continent. De nombreuses familles en difficulté comptent sur la diaspora, qui leur prête main forte quotidiennement et les soulage.

Aujourd’hui, de plus en plus d’experts en économie parlent du rôle clé que pourrait jouer la diaspora pour le développement du continent africain, grâce notamment aux investissements qu’elle effectue. Cette même diaspora africaine a été louée et mise à l’honneur lors du Sommet mondial des maires et dirigeants africains et de descendance africaine, ouvert la semaine dernière, en Amérique du Sud, en Colombie, à Cali, dans le sud-ouest du pays. Plusieurs cadres et universitaires noirs, provenant du monde entier, y ont participé.

Cécile Kyengui, ovationnée

Pour les participants au sommet, hormis l’Afrique, la diaspora peut aussi être très utiles aux communautés noires du monde entier.Les panélistes ont insisté sur la nécessité de promouvoir l’éducation, ainsi que le développement d’échanges commerciaux et l’accès à l’aide internationale. Le professeur d’histoire Kim Butler, à l’université américaine de Rutgers estime, pour sa part, que le défi pour « la diaspora africaine, cette combinaison de communautés très anciennes qui sont sorties du continent comme esclaves et d’autres plus récemment, c’est de pouvoir aider au développement de l’Afrique ». Selon cette dernière, « toute relation avec l’Afrique reflète notre identité. C’est pourquoi le soutien de chaque personne d’ascendance africaine au développement vient du fait qu’elle souhaite assumer son identité » .

La première ministre noire en Italie, la Congolaise Cécile Kyengui, qui a également participé au sommet, a fait un discours très remarqué. Cette dernière qui se bat sans relâche contre le racisme et les discriminations envers les communautés étrangères en Italie, a assuré qu’il était possible de changer cette culture en Italie, qu’elle assimile à un manque de mémoire. « Je dois être forte afin d’apporter des solutions aux immigrés qui décident de rester en Italie et pour faire comprendre aux Italiens que l’immigration et la diversité sont de bonnes choses pour un pays, pour sa politique, pour son économie », a-t-elle confié à l’AFP, en marge du sommet, où elle a été très applaudie.

Cécile Kyengui a tenu bon, malgré les nombreuses insultes et menaces dont elle a été victime en Italie, où beaucoup n’ont pas digéré qu’elle soit nommée ministre. Qu’importe, la ministre congolaise ne s’est pas laissée déstabiliser. Aujourd’hui, au sein de la diaspora africaine, elle est considérée comme un véritable exemple de réussite.