La Côte d’Ivoire à l’heure des audiences foraines

Audiences foraines, deuxième round ! C’est reparti, ce mardi, pour les audiences foraines en Côte d’Ivoire. L’opération devrait aboutir à la révision des listes électorales en vue des prochaines élections présidentielles annoncées pour octobre 2008.

Les audiences foraines reprennent ce mardi en Côte d’Ivoire. Etape décisive dans l’organisation des prochaines élections présidentielles en Côte d’Ivoire prévues « au plus tard en octobre 2008 », selon la Commission électorale (CEI). Ces audiences constituent également un tournant décisif dans le respect de l’accord de paix signé le 4 mars dernier à Ouagadougou par l’ex-rébellion des Forces nouvelles et l’Etat ivoirien. Elles concernent toutes les personnes nées en Côte d’Ivoire, ivoiriennes ou non ivoiriennes, âgées de plus de 13 ans et qui n’ont jamais été déclarées à l’Etat civil. Un jugement supplétif devrait être délivré à chaque requérant au terme des audiences.

Identifier près de 3 millions de personnes

Trois millions de personnes environ, sur une population estimée à 18 millions d’âmes, sont attendues à ces audiences sur l’ensemble du territoire découpé en 63 juridictions. Cependant, les audiences foraines ne devraient pour l’instant démarrer que dans 21 d’entre elles réparties sur tout le pays, indique-t-on au service de la communication du ministère ivoirien de la Justice. Entre autres, celle d’Abidjan-Abobo, d’Abidjan-Cocody, d’Aboisso, d’Alépé, de Divo, d’Abengourou, de Bondoukou, de Yamoussoukro, de Bouaké et d’Odienné devraient être les premières à recevoir les tribunaux ambulants. Chaque tribunal se compose de deux magistrats, d’un greffier, de deux agents de l’Etat civil, d’un interprète, d’un rédacteur et d’un médecin en charge de valider l’âge du requérant. Ce dernier doit être accompagné de deux témoins majeurs. En Côte d’Ivoire, l’âge de la majorité est fixé à 21 ans. Sur les 111 tribunaux ambulants prévus pour conduire ces audiences foraines, 25 seront déployés sur le terrain dès ce mardi.

En déplacement aux Etats-Unis, le président Laurent Gbagbo s’est voulu rassurant sur les modalités de cette démarche qui avait avorté en juillet 2006 sous le gouvernement de Charles Konan Banny, alors mandaté par les Nations unies pour mener la Côte d’Ivoire aux élections. « Certains pensent que les audiences foraines, c’est une pagaille organisée où chacun vient pour demander n’importe quoi, à n’importe qui et n’importe comment. Nous sommes dans un Etat organisé, et il y a des règles. (…) J’ai donné des instructions fermes aux préfets, aux sous préfets et aux magistrats », a déclaré le chef de l’Etat ivoirien qui s’adressait ce week-end aux Ivoiriens vivant aux Etats-Unis.

Un système d’identification défaillant

Laurent Gbagbo assiste ce mardi à sa première Assemblée générale des Nations Unies depuis son accession au pouvoir en 2000. La situation de la Côte d’Ivoire sera l’une des questions abordées pendant les travaux de cette 62e Assemblée durant lesquels le président ivoirien doit s’exprimer. A la diaspora ivoirienne, il a confié la teneur de son message aux Nations unies. « Je suis venu pour dire que la Côte d’Ivoire est debout, et que nous avançons. Il faut donc qu’on nous laisse avancer. Je leur dirai ce dont nous n’avons pas besoin, et ce dont nous avons besoin ».

Les audiences foraines aideront à compléter les listes électorales de 2000 en permettant d’identifier les nouveaux Ivoiriens en âge de voter. Le processus ouvre la voie à la délivrance d’une carte d’identité nationale pour les Ivoiriens et d’une carte de résident aux étrangers originaires de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Les autres ressortissants étrangers recevront pour leur part une carte de séjour. Selon Laurent Gbagbo, le système d’identification des personnes vivant sur le territoire ivoirien est défaillant depuis 1992.