La Chine éclaire Brazzaville

Le Congo a signé avec la Chine un contrat pour la construction d’un barrage hydro-électrique au nord-est de Brazzaville. Avec cette future installation, la Société nationale d’électricité espère bien augmenter sa capacité de production et réduire sa dépendance énergétique vis à vis de Kinshasa.

Le Congo vient de signer un contrat avec la Chine pour la construction d’un barrage hydro-électrique à Imbouli, sur le fleuve Congo, à 200 km au nord-est de Brazzaville.  » Un soulagement pour le pays qui connaît un déficit important en énergie « , explique la Société nationale d’électricité (SNE). L’entreprise publique espère également réduire sa dépendance énergétique vis à vis de la République démocratique du Congo (RDC) voisine. La capacité du futur barrage d’Imbouli sera de 120 Mégawatts (MW), pour un pays dont les besoins sont estimés à 500 MW. Les travaux doivent commencer au début du mois de mai prochain, selon la SNE, après que le président congolais ait posé la première pierre de l’édifice, courant avril.

 » La réalisation du projet, sans interruption, dépend des garanties financières que l’Etat congolais apportera à la Chine, précise la SNE. Mais le ministre des Finances et du Budget, Roger Rigobert, s’est engagé à les assurer « . Il en coûtera prêt de 280 millions de dollars US au Congo pour ce projet colossal. 85% de cette somme seront pris en charge sous forme de crédit par le partenaire asiatique. Un crédit que le Congo devra rembourser sur 15 ans à un taux d’intérêt de 0,20%.

Vétusté et dépendance

Les deux pays avaient déjà collaboré, en 1978, pour la construction du barrage hydro-électrique de Moukoukoulou. Mais l’installation, ainsi que la centrale de la Bouenza à laquelle elle est reliée, ont été l’objet de dégradations durant la guerre, en 1997. Depuis cette date, la centrale est bien en deçà de sa capacité initiale de 74 MW.

Pour pallier à ces difficultés, le Congo s’approvisionne auprès de la RDC. Kinshasa fournissait jusqu’en janvier 2003 près de 75 MW à la capitale voisine, Brazzaville, dont elle n’est séparée que par le fleuve Congo. Ce qui représente 75% de ses besoins. Mais depuis, la RDC, a réduit son approvisionnement en raison d’une panne au niveau de la centrale hydroélectrique d’Inga (Kinshasa), explique le ministre de l’Energie, Philippe Mvouo. Lequel dément que cette réduction ait un lien avec la dette de 20 milliards de Fcfa de la SNE auprès de la Société nationale d’électricité (SNEL) de RDC.

Depuis le début de l’année, l’entreprise publique n’a d’autre solution que de faire subir délestages et coupures d’électricité à ses usagers, selon le directeur régional (Brazzaville) de la SNE. Des désagréments qui pourraient ne devenir qu’un vieux cauchemar si le barrage d’Imbouli est sur pied dans cinq ans, comme le prévoient les autorités. L’essentiel de l’énergie qu’il produira est destiné à Brazzaville et à la région nord du Congo.

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