L’ubiquité d’Al-Qaida

Al-Qaida ou pas Al-Qaida ? Le débat sur les récentes attaques terroristes au Kenya semble bien illusoire. Diaboliser le diable, tel est l’entêtement des enquêteurs à prouver les connexions qui existent entre le bien obscur mouvement extrémiste de  » l’Armée de Palestine  » et l’organisation d’Oussama Ben Ladden.

Le tout Oussama est, en somme, bien pratique pour tout le monde. Et pour Washington, prompte à  » benladéniser  » à tous crins et à brandir le bras armé de la justice, et pour le terroriste saoudien, qui peut s’enorgueillir d’une publicité à moindre frais. Qu’un cyclone dévaste la Floride et la Maison Blanche y verra l’ombre malfaisante de l’homme le plus recherché au monde. A l’inverse, chaque extrémiste peut désormais se réclamer d’Al-Qaïda pour commettre ses forfaits et disposer ainsi d’une large tribune. Avérés ou non, les liens avec l’organisation importent peu. C’est la recrudescence et la radicalisation de l’action directe islamiste qui devrait plutôt nous préoccuper. Et avant de s’attaquer aux solutions, il conviendrait d’abord de régler le problème.

L’obsession américaine à vouloir en découdre avec l’Irak cristallise un peu plus encore les antagonismes, entre les extrémismes musulmans et les Etats-Unis (donc par là-même Israël). Il faut dire que l’actuelle politique internationale de George Bush, qui nous ferait presque regretter son père, n’est pas des plus subtiles. Un éléphant dans un magasin de porcelaine. Il veut sa guerre et l’aura certainement. Aussi faudra-t-il s’attendre à ce que les  » fous de dieu « , d’Al-Qaïda ou non, le soient encore davantage.