L’ONU veut créer 50 centres de formation à l’Internet dans les pays pauvres

Après d’autres organes onusiens, l’Union des télécoms prend l’engagement que l’Internet africain ne restera pas un voeu pieux. Le projet qui vient d’être dévoilé prend en compte l’immensité des besoins. Qu’en sera-t-il du financement ?

La disponibilité de ressources humaines suffisamment formées est devenue, avec l’avènement de l’âge numérique, l’enjeu fondamental du développement des pays les moins avancées. C’est forte de ce constat que l’Union internationale des télécommunications (UIT) vient de lancer son  » Initiative en faveur de l’établissement de centres de formation à l’Internet pour les pays en développement « . Une ambition que devrait concrétiser, d’ici deux ans, la naissance de cinquante centres dans les pays les moins avancés (PMA).

L’UIT espère ainsi créer 15 établissements de formation en 2001, 20 autres en 2002 et les 15 restants au plus tard à la mi-2003. Dans chacun de ces  » centres « , l’UIT conclura un partenariat avec des opérateurs télécoms locaux et des organismes officiels. Après avoir bénéficié, dans leur phase de lancement, de conditions financières privilégiées, les établissements devront pouvoir s’autofinancer au terme du projet. Selon Hamadoun Touré, qui dirige à Genève le Bureau de développement des télécommunications (BDT),  » l’objectif principal est de faire en sorte que la croissance des réseaux profite le plus possible à la communauté mondiale « .

Combien ça coûte ?

L’UIT, un organisme créé en 1865 sous le nom d’Union télégraphique internationale afin de promouvoir une  » utilisation rationnelle des moyens modernes de communication  » et devenue depuis une institution spécialisée des Nations-Unies, veut donc concourir à son tour à réduire la fracture numérique.

La formation des formateurs, et donc des étudiants, a été placée au coeur du dispositif :  » En Afrique, par exemple, explique Manuel Zaragoza, du BDT, les universités réservent l’accès à l’Internet aux enseignants ou, au mieux, aux étudiants de deuxième et troisième cycle, en raison du coût élevé de la connexion.  »

L’un des grands prestataires de services informatiques mondiaux s’est déjà associé à l’initiative, garantissant un budget de  » plusieurs millions de dollars « … sans autre précision, cependant que l’ensemble du projet devrait s’avérer extrêmement coûteux. Autre inconnue : le nombre de participants qui pourront bénéficier des premières formations.

Ambitieuse, l’UIT se veut, à l’évidence, également réaliste et prudente, à l’image des autres institutions de l’ONU engagées dans le développement. Contre la fracture numérique, l’Union aura-t-elle la force ?