L’exemple malien

Bluffés. D’abord par la dignité et le sens de l’organisation. Ensuite par la tolérance et la liberté d’opinion. Malgré la pauvreté. Toutes les nouvelles qui viennent du Mali sont réjouissantes. Non par chauvinisme -les Aigles viennent de se qualifier pour les quarts de finale de la Coupe d’Afrique des nations (Can). Mais plutôt par les efforts que fait Bamako pour conjurer son destin. Pays économiquement très faible, le Mali donne l’exemple aux nations africaines sur de nombreux registres : démocratie, alternance -le président Alpha Oumar Konaré a promis de ne pas se représenter et il s’y tient-, liberté d’opinion et un sursaut culturel fort remarquable. Et, pourquoi ne pas le souligner, une organisation excellente de la Coupe d’Afrique.

Au moment où d’anciens dictateurs, reconvertis en présidents démocrates, cèdent à leurs vieux démons et ne s’embarrassent plus d’apparats démocratiques, le Mali offre l’image d’un pays ancré dans la démocratie. Une image qui fait de l’ombre aux dictatures  » démocratiques « . La constitution ne permet pas de se représenter une énième fois ? Pas de problème, il faut la changer. Eyadéma, Ben Ali… lâchent leurs troupes et gare aux opposants.

De la dignité. Le Mali a choisi une voie digne pour se reconstruire. Après le règne catastrophique de Moussa Traoré, la classe politique a décidé de ne pas faire la chasse aux sorcières et de privilégier la démocratie. Les résultats montrent que le choix a été judicieux. Le Mali est bien la première démocratie africaine, bien avant l’Afrique du Sud et le Sénégal. Et c’est de ce genre d’image dont l’Afrique a besoin. Car le sous-développement, la pauvreté et l’analphabétisme ne peuvent être combattus que par un système démocratique qui assure à tous les mêmes droits et devoirs. Merci Bamako pour la leçon.