L’entrée de l’Algérie au capital de PSA Peugeot Citroën ? Une utopie


Lecture 3 min.
vdkl.png

L’idée d’une participation algérienne au capital PSA du constructeur français Peugeot Citroën ne serait qu’une pure invention. Décryptage.

Finalement, la probabilité de voir l’Algérie entrer au capital PSA de Peugeot Citroën restera, pour l’heure, un mythe. Le groupe français a démenti l’information selon laquelle Jean-Pierre Raffarin, envoyé spécial de François Hollande pour les relations économiques entre les deux pays, avait abordé une telle hypothèse lors de sa dernière visite à Alger fin novembre. « Nous avons publié un communiqué qui dément formellement ces rumeurs et monsieur Raffarin en a fait autant », déclare Pierre-Olivier Salmon, Responsable de Communication chez PSA Peugeot Citroën. L’ancien Premier ministre en personne a démenti, mercredi 12 décembre, la rumeur sur son compte Twitter.

vdkl.png

L’exploitation de Peugeot par l’Algérie n’est donc pas encore au programme. Mais la véracité de ces ouï-dire n’aurait pourtant pas déplu aux ouvriers de l’usine Peugeot d’Aulnay-sous-Bois, en région parisienne, issus à 80% du Maghreb. L’entrée de l’Algérie au capital PSA pourrait non seulement empêcher la fermeture de l’usine mais aussi renverser l’histoire ! Mais côté algérien, une telle action n’entrerait pas dans la stratégie du gouvernement qui a pour le moment toujours refusé d’investir ses réserves de change, estimés à près de 200 milliards de dollars, dans des actifs hasardeux. A moins de créer un fonds souverain pour prendre part à des participations industrielles, et là l’Algérie ne dispose pas des compétences techniques pour ce type d’investissement, le gouvernement privilégie les placements peu risqués, notamment dans l’industrie locale.

Peugeot en Algérie

En revanche, l’Etat algérien pourrait éventuellement financer une usine Peugeot sur son propre territoire. D’autant plus que les Algériens raffolent des créations Peugeot classées deuxième au Top 3 des ventes en Algérie, derrière Renault. Alors que le secteur de l’automobile est en grande difficulté en Europe, ce marché ne connaît pas la crise en Algérie où un bond de 50% d’importations a été observé dans les six premiers mois de l’année 2012. Selon le service algérien des douanes, 263 787 véhicules ont été importés contre 176 901 à la même période en 2011. En valeur, cela représente 2,33 milliards d’euros au premier semestre 2012 contre 1,5 milliards d’euros à la même période en 2011. Et lorsque l’on demande à Pierre-Olivier Salmon son avis sur lé sujet, il nous invite à « poser la question au gouvernement algérien ». Alors, l’Algérie est-elle prête à financer l’ouverture d’une usine Peugeot ?

Renault, lui, a en tout cas pris les devants, bien que le dossier ne soit pas « encore finalisé » selon les déclarations de Jean-Pierre Raffarin lors de son voyage à Alger. Les chances de signer un contrat avec Renault à l’occasion de la visite de François Hollande les 19 et 20 décembre prochains sont maigres. Mais celle de voir le projet, en négociation depuis plus de deux ans, arriver à terme sont plus grandes. Dans le cas contraire, Renault risque de perdre son marché algérien. L’un des plus importants d’Afrique, avec un volume d’importation estimé, pour 2012, à 100 000 véhicules en Algérie sur 418 665 pour l’ensemble du continent.

Newsletter Suivez Afrik.com sur Google News