L’engagement d’African Artists for Developement

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Les artistes ont un rôle à jouer dans l’avenir du continent noir. C’est de cette conviction qu’est né African Arists for Developement, un fond de dotation créé en 2009 par Mathias Leridon, un Français passionné d’art contemporain africain. Il a pour objectif de mettre en place des micro-projets de développement en Afrique Subsaharienne parrainés par des artistes. Le dernier projet développé : Les Diamants de Kamitugu, une BD du Congolais Séraphin Kajibwani, invité cette semaine au festival d’Angoulême.

Mettre en place des micro-projets de développement qui grandissent l’Afrique. Telle est la vocation d’African Artists for Développement qui siège à Paris avec une dizaine de membres. Financée par la société Tilder, un cabinet de conseil en communication dirigé par Mathias Leridon, fondateur de la Société d’Investissements privée Cofilebo, l’organisation a pour but de soutenir des projets de développement proposés par des artistes africains au sein de leur communauté. C’est ce qui fait son originalité, selon Margaux Huille, chargée de mission du groupe. «Beaucoup d’artistes sollicitent notre aide. Nous sélectionnons les meilleurs projets et en faisons la promotion. Le soutien n’est pas que financier», précise-t-elle. «Nous créons aussi des partenariats entre les artistes et les acteurs locaux tels que les associations et les administrations locales. Mais il arrive que ce soit nous qui proposions aussi des projets aux artistes. C’est un véritable travail de partenariat qui va dans les deux sens», explique Margaux Huille. Les projets, très variés, peuvent s’inscrire dans les domaines sociaux économiques, éducatifs ou sanitaires. Pour la chargée de mission, «les artistes sont proches des populations locales. Ils ont une vision de la société très profonde. Ils se posent les bonnes questions, ils sont nos yeux».

Etablir de longs et gros projets n’est pas l’objectif d’African Artists for Development. Il entend plutôt les développer sur une durée de un à trois ans. Le groupe n’hésite pas à envoyer du personnel sur le terrain dans les régions les plus reculées d’Afrique subsaharienne. «Chacun de nos projets part souvent d’une rencontre. Nous avons l’avantage d’être une petite structure. Les petits projets permettent d’être en contact permanent avec les gens. Nous touchons les communautés que nous connaissons déjà. L’objectif est de créer des réseaux et une bonne logistique pour assurer leur bon fonctionnement», affirme Margaux Huille.

Une bande dessinée contre le sida

diamantsKamituga.jpgLes Diamants de Kamitugu, une bande déssinée qu’African Artists for Development a décidé d’éditer et de distribuer, est un autre exemple fort de son engagement. Elle a été réalisée par le bédéiste Séraphin Kajibwani, originaire de l’Est de la République Démocratique du Congo, de la province du Sud-Kivu. Une région au centre du conflit qui ravage la région des Grands Lacs depuis de longues années, avec pour conséquence directe le développement de l’épidémie de Sida. La BD contient des éléments de prévention et des questions sur les enjeux que pose la maladie. «Nous trouvions intéressant de mener une campagne de prévention auprès des populations locales contre le sida sous forme de bande dessinée. Nous avons proposé à Kajibwani, un artiste remarquable, de la créer et d’en être le parrain», explique Margaux Huille en précisant que l’ONG SOS sida a été choisie pour être partenaire du projet, parce qu’elle effectue un travail de terrain très important dans la région. «La BD sera produite et diffusée de façon gratuite et massive en swahili et en français auprès de la population locale puis vendue début janvier en Europe et aux Etats-Unis. En 2011, on distribuera sur place 100 000 exemplaires», souligne Margaux Huille. Ce programme qui avait débuté en 2009 prendra fin en 2011.

African Artists for Developement ne compte pas s’arrêter là. D’autres projets sont déjà en cours. Ils ont eux aussi l’objectif d’être rentables financièrement afin de venir en aide aux plus démunis. Comme en témoigne la vente de la BD, dont les bénéfices seront entièrement reversés à SOS Sida. Une façon de redonner espoir aux malades.