L’écho de la world music

Mondomix Mars 2003

Les musiques du monde ont désormais leur mensuel papier en France. Extension complémentaire du site Mondomix.org, Mondomix papier en est déjà à son quatrième numéro et a la singulière particularité d’être gratuit. Un pari militant pour des passionnés de musiques d’ici et d’ailleurs. Interview.

Plus de 50 CDs chroniqués par mois, portraits et interviews d’artistes, actualité musicale, le mensuel Modomix papier est tout simplement une bible d’informations sur les musiques du monde. Une bible d’autant plus précieuse qu’elle est gratuite. Seule sur le créneau de la promotion de la world music, la revue – qui tire à 100 000 exemplaires – en est à son quatrième numéro. Philippe Krümm, son rédacteur en chef, revient sur la philosophie de l’aventure et nous explique le rapport de complémentarité entre le mensuel et le site Internet Mondomix.org qui existe, lui, depuis 5 ans.

Afrik : Pourquoi avez-vous fait le choix de la gratuité ?

Philippe Krümm : Mondomix papier ne fait que 40 pages. Pour être présents en kiosques, il vous faut un magazine d’une certaine épaisseur, de 80 à 120 pages en papier glacé, pour afficher un standing minimum et attirer les lecteurs. Il faut également le tirer au minimum à 100 000 exemplaires pour couvrir les 36 000 kiosques en France. Et puis il faut également le faire connaître, ce qui nécessite de l’affichage et du marketing. Cela reviendrait beaucoup trop cher, d’autant qu’il faut attendre au moins 5 mois avant d’espérer arriver à un équilibre financier. Le fait que nous soyons gratuits nous permet de toucher un maximum de gens et confère au magazine une vitalité et une existence un peu uniques.

Afrik : Quels sont vos réseaux de distribution ?

Philippe Krümm : Nous sommes distribués en France dans les réseaux Cultura (chaîne de magasins de produits culturels, ndlr), les espaces culturels Leclerc et le réseau Harmonia Mundi. Nous nous déplaçons également sur les festivals. Nous sommes aussi distribués en Belgique via le réseau des médiathèques françaises.

Afrik : Comment est financé le mensuel ?

Philippe Krümm : Uniquement par la publicité, essentiellement des labels et des maisons de distribution. Même si, comme pour tout le monde, le marché de la publicité est assez morose, nous arrivons à joindre les deux bouts. Nous fonctionnons sur la base d’une équipe de trois personnes à la rédaction, d’une vingtaine de pigistes et des nécessaires chasseurs de pub. Le problème est qu’il n’y avait personne, jusque-là, que ce soit en presse écrite, radio ou télé pour assurer la promotion de la world music et que les producteurs et les distributeurs n’ont pas l’habitude de consacrer un budget à cela.

Afrik : Comptez-vous, à terme, rester gratuit ?

Philippe Krümm : Nous avons envie de garder ce mensuel gratuit. Par philosophie. Mais nous espérons sortir des dossiers trimestriels en kiosque qui seront donc payants.

Afrik : Quel lien existe-t-il entre le site Mondomix.org et le Mondomix papier ?

Philippe Krümm : Mondomix papier est complémentaire du site qui fonctionne depuis 1998. Le contenu éditorial, s’il est du même esprit, n’est pas tout à fait similaire. Nous ne faisons pas de  » copier-coller « . Il y a un va et vient entre les deux. Les articles papiers renvoient souvent à une interview complète ou à une vidéo sur le site. D’autre part, le public est différent. La version papier nous permet d’élargir notre lectorat. Les personnes qui lisent Mondomix papier ne connaissent pas forcément le site.

Pour plus d’informations :

Visiter le site de Mondomix.