L’Algérie paralysée dans l’attente de sa nouvelle Constitution

L’Algérie est dans la même situation de blocage politique qu’elle ne l’était peu avant l’élection présidentielle, dans l’attente d’adopter la nouvelle Constitution en novembre prochain.

A l’image des mois qui ont précédé l’élection présidentielle, l’Algérie est de nouveau paralysée. Depuis quelques semaines, tous les décideurs déclarent la même chose lorsqu’il s’agit de trancher sur une question stratégique ou sensible : « Il faut attendre la révision de la Constitution ». L’adoption de la nouvelle Constitution n’est prévue qu’à l’automne prochain.

Le Président Bouteflika veut mettre toutes les chances du côté du FLN pour faire passer le texte et les amendements qu’il souhaite. Pour ce faire, un certain équilibre doit être trouvé entre les différents composantes du pouvoir, tout particulièrement au sein de l’institution militaire. Quitte à désavouer l’un de ses fervents soutiens, le général Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’armée.

Salah veut renvoyer « Toufik »

D’après des informations recueillies par TSA, l’homme fort de l’armée aurait soumis une liste d’une centaine de militaires à envoyer à la retraite dont le fameux Mohamed Mediene, dit Toufik, patron des services de renseignements (DRS), à l’occasion du 5 juillet. Mais Bouteflika a préféré ne pas suivre les recommandations de son vice-ministre de la Défense, préférant des mises à la retraite et des promotions, sans réelles connotations politiques. Mais en ce qui concerne tout changement à la tête des structures de l’armée, notamment le DRS, Bouteflika ne semble pas prêt à prendre le moindre risque. D’autant plus qu’à la veille de la Présidentielle, les tensions avec le DRS ont failli déboucher sur une grave crise au plus haut sommet de l’Etat.

Le gouvernement bloqué

L’incapacité du chef de l’Etat à prendre des décisions ne concerne pas uniquement l’institution militaire. Alors que son Premier ministre Abdelmalek Sellal a émis le souhait d’opérer quelques changements au sein de son gouvernement, le Président Bouteflika lui a répondu la même chose qu’à Gaïd Salah : Sellal est prié de « patienter ».

Ce blocage déteint jusqu’aux entreprises publiques. Les demandes de changement de direction de certaines d’entre elles par les ministres de tutelle n’ont pas été validées.

Ainsi, aucun changement dans les sphères politiques, militaires et économiques ne devrait être opéré en Algérie avant novembre prochain.