L’Afrique, médiateur idéal ?

Sidy Lamine Niasse, président du groupe de presse sénégalais Walfadjri, pense que l’Afrique est bien placée pour éviter un  » choc des civilisations  » après les attentats du 11 septembre et jouer les médiateurs entre les différentes parties. Il a même écrit en ce sens au président Bush.

Dans une lettre adressée au président des Etats-Unis, George W.Bush, Sidy Lamine Niasse a exprimé son indignation et sa compassion à la suite des attentats du 11 septembre. Le président du groupe de presse sénégalais Walfadjri en a également profité pour faire part au numéro 1 américain d’une conviction profonde. Celle que l’Afrique peut jouer un rôle important dans cette crise qui secoue le monde entier, en permettant aux peuples de se réconcilier et éviter un  » choc des civilisations « .

 » Les Africains sont les mieux placés pour jouer un rôle de facilitateurs pour un dialogue fécond des civilisations. Et les Sénégalais en particulier en ce qu’ils ont été plus poreux à toutes les civilisations pendant des millénaires « , a-t-il expliqué lors d’un point presse organisé jeudi au siège du journal Wal Fadjri.  » Nous partageons en effet avec les Arabes l’Islam, la culture, l’histoire millénaire du commerce des hommes et même certaines limites géographiques. Avec l’Occident, nous partageons des relations centenaires ainsi que certaines valeurs civilisationnelles.  »

Le rôle de l’Onu

Or, pour lui,  » ni les Arabes, ni les Asiatiques, ni les Occidentaux ne sauraient jouer valablement le rôle de facilitateur pour un dialogue de civilisations fécond que le monde appelle de ses voeux, pour la simple raison qu’ils sont des acteurs actifs dans la crise que traverse actuellement le monde « .

En outre, Sidy Lamine Niasse avance trois propositions qui permettraient, selon lui, de mettre en place ce dialogue  » fructueux  » et  » fécond  » : la prise en charge par l’Organisation des Nations Unies (Onu) de toutes les opérations qui seront menées, l’intervention de l’Onu dans les arrestations et les jugements des coupables dans le cadre d’un procès équitable et la participation des juristes de toutes les religions pour mieux assurer cette équité.