L’Afrique du Sud tourne une page de son histoire

Le conseil fédéral du Nouveau Parti national, à l’origine de l’Apartheid (1948-1994), a pris la décision de dissoudre le parti sud africain, samedi à Johannesburg. Il a également présenté ses excuses à la nation pour sa politique ségrégationniste. La plupart des membres du Nouveau Parti national devraient rejoindre les rangs du Congrès national africain (ANC), actuellement au pouvoir.

Par Nadège Ouinsou

Le parti politique sud-africain initiateur de l’Apartheid (1948-1994) tire sa révérence et présente ses excuses. Avec quatre-vingt huit voix pour, deux contre et trois abstentions, le conseil fédéral du Nouveau Parti National (NPP) a voté, samedi, la dissolution de sa formation à Johannesburg. Le pays tourne ainsi une grande page politique de son histoire. Les dirigeants du NPP ont aussi reconnu publiquement les torts qu’ils ont causés à la majorité noire avec un système basé sur la ségrégation raciale. Il est prévu que les membres du rejoignent les rangs du Congrès national africain (ANC), actuellement au pouvoir.

2% aux dernières élections

« Le Parti National a contribué au développement d’une partie de l’Afrique du Sud, mais il a également apporté son lot de souffrance à travers un système basé sur l’injustice », a déclaré son président, Marthinus Van Schalkwyk, actuel ministre de l’environnement et du tourisme dans le gouvernement de Thabo Mbeki. Le NPP est un successeur du Parti National créé en 1914 et qui a accédé au pouvoir en 1948. C’est pour s’adapter à l’Afrique du Sud post-apartheid, que le Parti National est officiellement devenu le « Nouveau » Parti national, en 1998. Avec moins de 2% des voix aux scrutins nationaux et provinciaux d’avril 2004, ce dernier a essuyé une cuisante défaite qui l’a finalement contraint à quitter la scène politique.

L’ancien président du NPP, Frederik de Klerk, déplore, pour sa part, la dissolution du parti. Il estime que le retrait du NPP prive le paysage politique d’une véritable opposition contre l’ANC. Il considère, en outre, que les Blancs et les autres minorités se sentent aujourd’hui impuissants dans l’Afrique du Sud gouvernée par l’ANC. Si l’ANC n’a fait aucun communiqué officiel sur la dissolution du NPP, il a, en revanche rencontré, lundi, les responsables de l’Afrikanerbond, l’organisation promouvant les intérêts des Afrikaners (les Sud-africains blancs). La déclaration commune se veut fédératrice. Les deux entités se disent notamment d’accord sur le fait que : « c’est à travers le dialogue qu’un consensus, pour créer une Afrique du Sud qui fonctionne avec l’ensemble de son peuple, est réalisable. C’est à travers un dialogue direct que les incompréhensions peuvent être levées et que les contributions peuvent être faites (…) ». Avec la disparition du NPP, c’est donc un nouveau pas vers la réconciliation nationale qui semble avoir été fait, dans un pays déchiré par l’Histoire.