L’Afrique avec des yeux d’enfants

 » Mosaïque du monde  » expose sur la Toile depuis un an les travaux d’écoles francophones de huit pays africains. Un lieu d’échanges pour mettre en valeur leur patrimoine culturel. Interview du créateur de cette mosaïque africaine.

Les écoliers, sous le contrôle des institutrices, interviennent sur le contenu du site  » Mosaïque du monde « . Ils livrent une approche de l’Afrique, de l’Internet et de la pédagogie. Chaque école francophone, hébergée gratuitement, échange ses images, textes et sons avec d’autres écoles connectées en Afrique (Togo, Bénin, Côte d’Ivoire, Sénégal, Burkina Faso, Mali, Cameroun). Ce mois-ci, les lycéens de l’école française de Bamako tirent les ficelles des marionnettes maliennes.

Christophe Potier-Thomas et Blaise Mercier, les promoteurs de l’association  » Les Fruits du Baobab  » et du site, suivent le projet d’interactivité sur les mondes interculturels et interscolaires. Ils ont voulu que les enfants d’origines et de cultures différentes puissent travailler ensemble et se retrouver sur la Toile.

Afrik : Par quels moyens contactez-vous les écoles ?

Christophe Potier-Thomas : Notre but est de monter des points d’accès dans les différents pays francophones. La première approche en amont est d’envoyer des dossiers de formalité : Qui êtes-vous ? Est-ce que vous avez des salles de libres avec de l’électricité ? Puis, il faut s’attarder sur leur programme éducatif : Qu’est-ce que vous mettriez en avant au niveau du patrimoine culturel ? Qu’est-ce que vous attendez comme échange avec la Francophonie ? Nous allons sur place. Je pars bientôt à Madagascar pour amener du matériel informatique. Là, on l’installe et on apprend les bases à des formateurs qui transmettent aux instituteurs. On part avec l’idée de connecter une ou deux écoles. Pour le cas de Madagascar, je vais voir cinq établissements.

Afrik : Comment sont équipées les écoles ?

Christophe Potier-Thomas : Les écoles primaires ou les collèges sont équipés de cinq à quinze ordinateurs, scanners et appareils photographiques. Il faut que tous les établissements aient les mêmes possibilités pour produire sons, images et textes.

Afrik : Quelle est la difficulté majeure que vous rencontrez dans les établissements ?

Christophe Potier-Thomas : Sortis des problèmes techniques et de la faisabilité, le côté humain est difficile à calculer. Nous ne savons jamais si les instituteurs vont être passionnés ou laisser tomber.

Afrik : Comment les enfants collectent-ils l’information ?

Christophe Potier-Thomas : Ils recherchent les informations auprès de leurs familles, leurs villages ou dans les musées. Les classes préparatoires envoient leurs dessins comme pour les expositions au Sénégal, en Côte d’Ivoire et à Haïti. Chaque école expose tous les deux mois un aspect culturel de son pays.

Afrik : Vous encadrez les élèves ?

Christophe Potier-Thomas : Nous engageons une personne qui est présente deux jours par semaine dans les cinquante écoles francophones africaines avec lesquelles nous travaillons. Elle décharge les instituteurs et garantit des travaux réguliers.

Afrik : Comment avez-vous créé cette association ?

Christophe Potier-Thomas : Blaise et moi avions envie de faire un long voyage, un break pendant nos études. De fil en aiguille, en parlant avec des institutrices, nous avons voulu mettre en valeur le patrimoine africain, vu par les enfants.

Afrik : Qu’est-ce qui vous a attiré chez eux ?

Christophe Potier-Thomas : Je suis fasciné par le regard que porte l’enfant sur l’Autre. Nous voulions créer un pont entre les écoliers des différents pays. C’est réussi : ils échangent des e-mails et se rendent compte qu’ils ont les mêmes occupations dans la vie. Ils jouent au football, ont les mêmes loisirs, les mêmes envies.