L’Afip veut encourager l’entrepreneuriat au sein des minorités visibles en France

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Favoriser la création d’entreprises au sein des « minorités visibles », c’est la nouvelle ambition de l’Association pour favoriser l’intégration professionnelle (Afip). Elle lancera les bases de son nouveau programme lors de son colloque annuel qui se tiendra le 30 janvier à Paris sur le thème de l’entrepreneuriat des jeunes diplômés issus de la diversité. Carole Da Silva, la directrice-fondatrice de l’Afip, explique ce choix.

da_silva.pngLa sixième édition du colloque de l’Afip s’articulera autour d’ateliers où des créateurs d’entreprises témoigneront de leurs difficultés et de leur succès d’entrepreneurs. Des acteurs de l’accompagnement à la création d’entreprises, comme l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (ACSE) et l’Association pour le droit à l’initiative économique (ADIE), participeront aux débats. Hervé Novelli, secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et moyennes entreprises, du Tourisme et des Services, et Yazid Sabeg, commissaire à la Diversité et à l’Égalité des chances auprès du Premier ministre, prendront part à cette journée qui se tiendra au Conseil économique et social en présence de son vice-président. Le colloque sera l’occasion de revenir sur les conclusions de l’étude sur l’entrepreneuriat des jeunes diplômés originaires des Antilles ou d’Afrique sub-saharienne, initiée par l’Afip.

Afrik.com : Pourquoi ce thème de l’entrepreneuriat des jeunes issus de l’immigration ?

Carole Da Silva :
Nous avons élaboré un rapport en 2008 sur les freins et blocages que les jeunes diplômés issus des minorités visibles, originaires d’Afrique sub-saharienne et des Antilles, rencontraient dans la création d’entreprises. Un certain nombre de handicaps ont été mis en relief. Ils sont souvent d’ordre social, psychologique ou culturel. Manque de confiance en soi, concentration sur des projets plutôt ethniques, manque d’ambition ou a contrario ambitions disproportionnées sont quelques uns des obstacles répertoriés par l’enquête. Les populations concernées ont souvent un problème de structuration et éprouvent des difficultés à se projeter dans l’avenir. La création d’une entreprise nécessite un minimum de formalisation et surtout l’élaboration d’un business plan. Autre frein à l’entreprenariat : l’environnement familial qui n’encourage pas l’individu à se mettre à son propre compte. Du côté des accompagnants, notre étude a aussi mis en exergue la persistance de stéréotypes dans leur comportement. Ces derniers, parce qu’ils estiment que les populations concernées ont déjà trop de problèmes, rechignent à leur proposer des projets d’envergure. Les informations qui leur sont délivrées sont par conséquent partielles.

Afrik.com : Que compte faire l’Afip pour encourager la création d’entreprise ?

Carole Da Silva :
A compter du trimestre prochain, outre l’accompagnement dans le cadre de la recherche d’emploi, nous allons proposer un volet entrepreneuriat à tous ceux qui sollicitent l’Afip. Toutes ces personnes seront dirigées vers les structures adéquates d’aide à la création d’entreprise, après validation de leur projet par l’Afip.

Afrik.com : Depuis le 1er janvier, un statut de l’auto-entrepreneur existe dans le cadre de la Loi de modernisation de l’économie (LME). Le gouvernement compte ainsi encourager la création d’entreprises dans les banlieues. En quoi cette loi représente-t-elle une opportunité pour les « minorités visibles » ?

Carole Da Silva :
Un sondage récent de l’ADIE (Association pour le droit à l’initiative économique, ndlr) indique que 50% des jeunes des ZUS (Zones urbains sensibles, ndlr) entre 18 et 24 ans ont envie de créer une entreprise. Le statut d’auto-entrepreneur assouplit considérablement les démarches liées à la création d’entreprise. Ce statut peut être concilié avec un emploi salarié. L’entreprise n’est soumise à aucune taxation tant qu’elle ne génère pas de bénéfice. C’est un dispositif très intéressant qui va favoriser la création d’entreprise en général, au sein des jeunes diplômés issus des minorités visibles en particulier. Le groupe – tranche d’âge et profil de formation – auquel ils appartiennent est l’un des plus dynamiques en terme de création d’entreprise en France.

 Colloque Afip

« L’entrepreneuriat des jeunes diplômés issus de minorités visibles : freins et blocages, voies et moyens »

Vendredi 30 janvier 2008 de 8h30 à 18h30

Au Conseil Economique et Social

9, place d’Iena

75775 Paris cedex 1

 Visiter le site de l’Afip