Khartoum signe un accord avec la principale faction rebelle

Le plus grand mouvement rebelle du Darfour, l’Armée de Libération du Soudan (ALS) a signé l’accord de paix sous la houlette de l’Union africaine pour encourager le soutien international à mettre un terme à la crise qui dure depuis trois ans.

« Si nous refusons de signer cet accord, nous allons perdre le soutien de la communauté internationale. Nous sommes le principal mouvement rebelle sur le terrain. Nous avons beaucoup souffert et je crois qu’il est temps de faire quelque chose pour mettre fin à la tragédie », a déclaré Saifaldin Haroun, le porte-parole de Minni Minnawi, une faction de l’Armée de libération du Soudan (ALS) qui vient de signer un accord de paix avec le gouvernement de Khartoum à Abuja.

« Nos familles, nos frères, nos amis et nos sœurs meurent dans cette guerre injustifiée et je crois que c’est le moment de prendre une décision », a-t-il déclaré tout en donner l’assurance de respecter le protocole.

« La vraie paix c’est celle signée et observée sur le terrain. Des accords ont été signés sans être appliqués. La vraie paix sera celle qui sera sentie par les populations du Darfour et tous les Soudanais. Nous devons garder la paix », a-t-il déclaré tout en lançant un appel à la communauté internationale pour soutenir cet accord.

L’autre faction, Abdulwaheed Al-Nur de l’ALS et le Mouvement pour l’égalité et la justice (MEJ) ont refusé de signer l’accord.

Selon le président nigérian Olusegun Obasanjo, hôte des
négociations depuis deux ans, cet accord est « un moment décisif dans l’histoire du Darfour ».

Une très forte pression internationale

La signature de ce document de 85 pages préparé par l’Union
africaine a été l’aboutissement d’une très forte pression de la part de la communauté internationale.

Le gouvernement soudanais avait pourtant accepté de signer le traité il y a de cela plusieurs jours, mais les rebelles
rejetaient toujours certains détails de l’accord, même au-delà des trois délais qui avaient été fixés par l’Union africaine.

L’accord impose aux parties un cessez-le-feu, le désarmement des milices Djandjawid soutenues par le gouvernement de Khartoum, l’incorporation d’un certain nombre de rebelles dans l’armée régulière.

Un accord de cessez-le-feu signé par les belligérants en 2004 n’avait pas été respecté.

Les négociations de paix sur le Darfour avaient commencé en 2003 dans la capitale et avaient commencé à piétiner à cause de certains points de désaccord entre les parties et la poursuite des combats dans la région où on l’on faisait état de 200.000 victimes et plus de deux millions de déplacés.