Kenya : Kibaki et Odinga font un timide premier pas vers la réconciliation

Le chef de l’opposition Raila Odinga et le président kényan au pouvoir Mwai Kibaki se sont rencontrés à Nairobi pour la première fois, jeudi, depuis la présidentielle contestée du 27 décembre 2007. Alors que la médiation orchestrée par Kofi Annan suit son cours, quinze personnes ont été tuées, vendredi, dans la vallée du Rift située à l’ouest du Kenya.

« Un premier pas vers la solution». C’est dans ses termes que l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan a qualifié la rencontre entre le président kényan réélu Mwai Kibaki et le chef de l’opposition Raila Odinga. C’était la première fois depuis les élections présidentielles contestées du 27 décembre 2007 que les deux hommes se rencontraient. Une poignée de mains symbolique pour des réconciliations qui risquent d’être longues.

Kofi Annan, le médiateur de cette réunion s’est montré confiant : « je pense que nous avons commencé à faire les premier pas vers une solution pacifique au problème, et vous pouvez voir que les deux dirigeants sont là pour souligner leur engagement pour le dialogue ». Toutefois M. Annan n’a pas caché ses inquiétudes concernant « l’usage excessif de la force » et « la poursuite des violences ». Un jour à peine après la réconciliation, quinze personnes ont été tuées dans la vallée du Rift à l’ouest du Kenya. Huit individus ont péri lors des violences perpétrées à Nakuru, principale ville de privince, et cinq autres à « la machette à Molo et Nakuru », a indiqué, vendredi, l’AFP. Depuis l’annonce des résultats, cette région est en proie aux affrontements entre les membres de la communauté kalenjin, qui a majoritairement soutenu M. Odinga, et leurs voisins Kiyukus, partisans du président Kibaki. Preuve en est que la tension n’est toujours pas descendue dans le pays.

Un avenir toujours incertain

D’autant plus, que de leur côté, les deux dirigeants ne semblent pas prêts à faire d’efforts. Raila Odinga a appelé l’Union africaine (UA)à ne pas reconnaître le gouvernement lors du prochain sommet des chefs d’Etat de l’organisation prévu du 31 janvier au 2 février à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne. « Nous ne pensons pas que l’UA devrait reconnaître un gouvernement qui est illégitime. Cela créerait un très mauvais précédent, celui de l’UA qui cautionne le truquage d’élections en Afrique », a expliqué, au lendemain de la réconciliation, le chef de l’opposition à la presse.

M. Odinga rejette le résultat de la présidentielle et accuse M. Kibaki de fraudes électorales. Le chef de l’opposition avait été outré par l’allocution de son interlocuteur qui avait déclaré, jeudi, qu’« en tant que président élu en bonne et due forme et qui a prêté serment (…), [il] conduirait personnellement [le] pays vers la promotion de l’unité, la tolérance, la paix et l’harmonie entre les Kényans ». Des propos qui selon M. Odinga, servaient de « légitimer son usurpation de la présidence ».

Kofi Annan devrait, ce vendredi après-midi, s’entretenir une nouvelle fois avec les deux dirigeants. L’occasion peut-être d’aboutir à un accord plus concret qu’une simple poignée de mains…