Kagamé dénonce l’ingérence de la communauté internationale au Rwanda

Le Président rwandais Paul Kagamé a dénoncé l’ingérence de la communauté internationale dans les affaires de son pays, lors d’une réunion, dimanche, du bureau politique de son parti, le Front patriotique rwandais (FPR), après les critiques de part et d’autres émises sur l’adoption de la réforme constitutionnelle.

Le Président rwandais Paul Kagamé ne cache pas son agacement face à la communauté internationale. Lors d’une réunion, dimanche, du bureau politique de son parti, le Front patriotique rwandais (FPR), le chef de l’Etat a dénoncé l’ingérence de la communauté internationale dans les affaires de son pays. Une pluie de critiques provenant de l’international, en effet, s’est déversée sur l’adoption de la réforme constitutionnelle qui permet au dirigeant rwandais de se représenter à nouveau, en 2017, pour se maintenir à la tête du pays.

« Nous pouvons être bons amis, nous pouvons convenir d’être en désaccord, mais la limite est lorsqu’il est question des intérêts des Rwandais », a déclaré Paul Kagamé au sujet des partenaires extérieurs du Rwanda. « Il nous disent que nous devrions avoir le droit de faire nos propres choix, mais nos propres choix sont par la suite définis comme des manœuvres », a renchéri le Président rwandais, selon des propos cités sur le compte Twitter du FPR. « Nos choix sont qualifiés de manœuvres parlementaires, quand nos actes ne correspondent pas aux vœux d’autres nations », a-t-il ajouté.

Le texte doit toutefois encore être ratifiée par référendum, même si une disposition controversée lui autorise à se représenter et de potentiellement diriger le pays jusqu’en 2034, ce que ne lui permet pas le texte actuel.

Pas plus tard que le 1er décembre, l’ambassadrice américaine à l’ONU, Samantha Power, n’a pas hésité à exhorter très fermement le Président rwandais à ne pas briguer un troisième mandat, estimant que « personne n’est indispensable ». Le Rwanda « doit donner un exemple de bonne gouvernance », avait-t-elle affirmé lors d’une conférence de presse pour présenter le programme de la présidence américaine du Conseil de sécurité en décembre. « Nous souhaitons que le Président Kagame se retire à la fin de son mandat », avait-elle ajouté, l’appelant à « tenir sa promesse et de laisser une nouvelle génération de dirigeants conduire le pays lors d’une nouvelle phase ». Samantha Power avait également jugé « très inquiétante » la tendance des dirigeants africains à vouloir se maintenir au pouvoir au-delà de leurs mandats.

Son homologue burundais Pierre Nkurunziza s’est aussi représenté pour un troisième mandat par la force alors que la Constitution ne le lui permettait pas. Aujourd’hui, le Burundi vit dans la tourmente, et les assassinats de politiques notamment se sont multipliés. Certains observateurs craignant même que le pays ne plonge dans une nouvelle guerre civile.