Kadhafi veut partager les bénéfices du pétrole

La hausse vertigineuse du pétrole génère des bénéfices importants pour les quelques pays africains qui disposent de gisements exploités. Pour les autres, c’est un choc économique difficile à surmonter. Comment organiser une véritable solidarité africaine dans le domaine de l’énergie?

Le guide libyen Mouammar Kadhafi a lancé dans la nuit du vendredi 7 au samedi 8 octobre 2005 un appel urgent aux pays africains producteurs de pétrole en particulier la Libye, l’Algérie , le Nigeria et l’Angola en vue de la tenue d’une réunion, au niveau des experts économiques en Libye, et dans les plus brefs délais, en vue d’élaborer un plan concret pour le secours des pays membres de l’Union africaine (UA) dont les économies ont été frappées de plein fouet et sérieusement affectées par la hausse des prix du pétrole.

Le leader libyen insiste sur le fait qu’il avait soulevé lors du sommet de l’UA à Syrte (centre de Libye) en juillet 2005, la question de la hausse des prix du brut et leurs répercussions néfastes sur les pays africains non-producteurs et en particulier, les pays pauvres.

« Si la hausse des prix du pétrole est bénéfique pour les pays africains producteurs du brut, elle constitue une catastrophe pour les non producteurs, notamment les pays pauvres, avait déclaré Mouammar Kadhafi.

Le guide libyen avait estimé à l’époque, qu’il incombe aux pays africains producteurs de pétrole, notamment la Libye, l’Algérie, le Nigeria et l’Angola, de prendre une ferme décision en la matière, mettant en garde contre « la faillite des économies de certains pays africains, en particulier les plus pauvres, si on n’accélère pas la mise en place de mesures concrètes pour remédier à cette situation ».

Il avait ainsi évoqué dans son discours du 4 juillet dernier, à l’ouverture du sommet de l’UA à Syrte, la nécessité d’intégrer les composantes de l’économie du continent fondée sur l’eau, le gaz et le pétrole.

Mouammar Kadhafi avait aussi souligné la nécessité d’élaborer une étude pour la réalisation de cette intégration, rappelle une dépêche de l’Agence PANA en date du 9 octobre 2005.

C’est un chantier gigantesque qui est ainsi ouvert de manière récurrente par le Chef d’Etat libyen, qui peine pourtant à entraîner les autres pays producteurs dans une dynamique de solidarité continentale.

Chantier important pour l’Union Africaine, qui trouverait là une occasion de prouver son utilité en faisant de l’Afrique le premier continent capable de mettre en oeuvre une « solidarité énergétique » au bénéfice de la plupart de ses membres. Occasion aussi de donner à l’ensemble des pays africains des atouts économiques (en termes de localisation des activités industrielles, de coûts des moyens de transport… par exemple) qui pourraient jouer un rôle décisif dans l’intégration de l’Afrique aux circuits mondialisés de la création de richesse.