Joburg ou mourir

Le monde est à la croisée de deux voies : l’une aveugle et sourde aux cris des Cassandre de l’écologie, qui se termine avec une terre noircie par les hydrocarbures et brûlée par l’effacement progressif de la couche d’ozone qui nous protégeait. Réchauffement du climat, montée du niveau des océans, troubles climatiques inattendus… Et poursuite de l’inexorable hausse de la pollution. Cette voie est la plus facile à suivre, il suffit de continuer tout droit.

L’autre route est plus belle : changement des modes de production, limitation des atteintes à l’environnement, diminution des consommations d’hydrocarbures et développement des processus de retraitement, mise en place de procédures de protection et de revitalisation des milieux naturels, gestion plus égalitaire et moins égoïste des ressources terrestres. Evidemment, elle est plus difficile à dessiner, il faut arriver à prendre un virage à 90 degrés, sans casser la machine industrielle, sans renoncer à la croissance, qui condamnerait les pays les moins développés.

Jacques Chirac l’a dit avec force devant tous les chefs d’Etat réunis pour cette grand messe qui s’avère l’un des plus grands sommets organisés par l’Onu : si le Sud se comportait aujourd’hui avec l’environnement et pour ce qui concerne l’énergie de la même manière que le Nord, la planète serait perdue. Cela prouve l’étroitesse de vue et l’égocentrisme d’une gestion unilatérale du développement. Il est aujourd’hui nécessaire de créer de nouvelles conditions de régulation et de partage des ressources naturelles, par des outils de gouvernance mondiale. On ne peut pas accuser le président français de faire de la surenchère gauchiste : ce n’est ni sa culture, ni sa pensée.

Mais sur l’un des thèmes les plus importants de ce début de troisième millénaire, qui décide à la fois de la manière dont les hommes vivront d’un bout à l’autre de la terre et des rapports qu’ils seront amenés à entretenir entre eux, rapports de domination et d’exclusion, ou rapports d’égalité et de respect mutuel, il est difficile de ne pas être heureux de voir la France retrouver sa vocation fraternelle et sa liberté de parole !