« Je me sens Charlie Coulibaly » : la réponse de Dieudonné

L’humoriste franco-camerounais Dieudonné M’Bala M’Bala s’est expliqué, ce jeudi 22 janvier 2015, au sujet des mots postés sur son compte Twitter, puis retirés la semaine dernière : « Je suis Charlie Coulibaly ». Sur un ton humoristique, il a une nouvelle fois dénoncé un acharnement politique et une entrave à la liberté d’expression à son encontre.

Les mots que l’humoriste Dieudonné M’Bala M’Bala avait postés, puis retirés de Twitter, « Je suis Charlie Coulibaly », l’ont poussé devant les tribunaux. Il va être jugé en correctionnelle pour « apologie du terrorisme ». « Je me retrouve donc, comme l’année dernière, avec tout l’appareil d’État sur le dos », a-t-il déclaré, ce jeudi 22 janvier 2015, dans une nouvelle vidéo sur son site quenelplus.com.

« Une formule de paix »

Il avait ainsi détourné le mot clé diffusé sur les réseaux sociaux « jesuisCharlie », utilisé pour dénoncer l’attentat du 7 janvier dernier dans les locaux de Charlie Hebdo où 10 journalistes du journal et deux policiers ont été assassinés. Il a associé ces mots au nom de Amedy Coulibaly, auteur d’une prise d’otages dans un supermarché cacher à Porte de Vincennes, quelques jours après l’attentat.

Dans sa nouvelle vidéo, il a dénoncé l’acharnement médiatique, politique et judiciaire à son encontre et a évoqué au sujet de ces mots qui ont fait polémique : « Une formule de paix ».

« Je me sens Franco-Allemand »

Il déclare avoir voulu pointer du doigt l’emballement « guerrier » des politiques français suite à l’attentat au siège de Charlie Hebdo, le 7 janvier dernier : « Au moment où l’inspiration me dictait cette phrase : « je me sens Charlie Coulibaly », la France défilait dans les rues et partait en guerre contre le terrorisme, au nom de la liberté d’expression. Il était, selon moi, urgent, qu’une voix de paix s’élève dans cette cacophonie partisane et guerrière, qui dise non à cette guerre programmée : nous n’en voulons pas ».

« Comme la voix du poilu français en 14-18 aurait pu dire, dans le traquenard des tranchés de Verdun, je me sens Franco-Allemand », a-t-il tenté de justifier dans sa nouvelle vidéo, précisant : « Cette expression signifie je refuse la guerre ». Les poursuites judiciaires à l’encontre de Dieudonné M’Bala M’Bala pour ce post sur Twitter ont été dénoncées comme une entrave à la liberté d’expression par des commentateurs, notamment sur les réseaux sociaux.

Si le délit d’apologie du terrorisme est retenu, l’humoriste risque jusqu’à sept ans de prison et 100 000 euros d’amende.