Internet : tout reste à faire en Algérie

Le P-DG de l’Eepad, Nouar Harzallah, a déclaré, hier, que l’Algérie est classée par l’Union internationale de Telecom au 97è rang, avec un indice de connectivité le plus faible au nord de l’Afrique.

L’invité du forum d’«El Moudjahid», Nouar Harzallah a estimé hier, lors de son intervention dans une conférence-débat consacrée au développement des technologies nouvelles que l’Algérie est très en retard, comparativement aux pays développés. Le conférencier a précisé que l’indice de connectivité n’est pas calculé sur le nombre d’abonnés ayant des portables ou le nombre d’abonnés à Internet «mais on mesure l’indice de connectivité par rapport au taux de pénétration de l’Internet dans les écoles», a-t-il fait remarquer. Et le conférencier d’appeler les secteurs de l’éducation et de la formation de rattraper rapidement le retard.

Le constat fait hier est très sévère. Le conférencier indiquera que les connections se font à 80% pour le «Chat» et 20% seulement pour aller vers des sites de recherche. Le conférencier a déploré également le manque de créativité et de recherche chez nos informaticiens, notamment, les chercheurs universitaires. «Qu’est ce qui empêche nos universitaires et nos professeurs de développer des contenus et des programmes locaux?», s’est-il interrogé. «Il faut savoir qu’on est sur la mauvaise voie. La bataille, aujourd’hui, dans le domaine de la technologie de l’information est concentrée sur le développement des programmes alors qu’en Algérie la bataille est limitée à l’accès aux sites étrangers seulement», dira-t-il.

Mieux veiller à la sécurité de l’information

Le conférencier a évoqué un problème de taille: la sécurité de l’information, affirmant que celle-ci est complètement bafouée. «Il est vrai qu’il y a eu une loi qui a été adoptée par le gouvernement algérien sur la cybercriminalité mais, on ne voit pas son application sur le terrain», a-t-il affirmé. Pour rappel, Boudjemâa Haichour avait, à plusieurs reprises, dans ses sorties médiatiques, indiqué que la sécurité des communications constitue pour l’Algérie une préoccupation majeure qui incite à se doter d’infrastructures de télécommunications modernes, fiables et sécurisées. Il avait également relevé, à chaque fois, l’importance de développer des réseaux stratégiques performants, mettant l’accent sur la nécessité d’assurer des niveaux optimums de «sécurité» et de «confidentialité» des données et des communications échangées sur les réseaux. Le PDG de l’Eepad invite les universitaires à entrer en contact avec notre diaspora à l’étranger pour essayer de développer des programmes locaux. Le conférencier prédit la création «de 50.000 postes d’emplois pour les informaticiens, dans des entreprises qui se spécialisent dans le développement du contenu».

En fait, le P-DG de l’Eepad plaide pour une stratégie de développement des TIC et pour une stratégie qui favorise le développement des programmes et des contenus.

Enfin, concernant l’opération «Ousratic» (un PC pour chaque foyer), lancée en 2005, le P-DG de L’Eepad a indiqué que pas moins de 56.412 packs ADSL ont été écoulés (PC portables avec connexion ADSL). Son entreprise a tracé un objectif visant à satisfaire un million d’acquéreurs, dans le cadre de l’opération «Ousratic» à l’horizon 2010. L’Eepad envisage également de continuer à développer le réseau ADSL pour couvrir les 48 wilayas.

M. Aziza, pour Le Quotidien d’Oran