Immigration : Nicolas Sarkozy et Macky Sall s’affrontent en Méditerranée

Alors que le chef de l’Etat du Sénégal, Macky Sall, avertit l’Europe que se barricader n’est pas la solution à cette vague d’immigration, l’ancien Président français Nicolas Sarkozy compare, lui, l’afflux de migrants à une canalisation percée et qu’il faut réparer la fuite d’eau.

Lors d’un meeting, l’ancien Président français par ailleurs président du parti Les Républicains, Nicolas Sarkozy, a comparé l’afflux de migrants à une canalisation percée. Le prédécesseur de François Hollande est allé plus loin en comparant Bruxelles à un plombier qui proposerait de répartir l’eau déversée au lieu de réparer la fuite.

Sarkozy préconise de réparer cette fuite d’eau

« Il n’y a plus d’argent, plus d’emplois, plus de logements, mais ils ont trouvé un truc (…) ils ont considéré que la solution au problème d’immigration c’était pas de réduire, c’était de répartir (…). Dans une maison, il y a une canalisation qui explose, elle se déverse dans la cuisine (…). Le réparateur arrive et dit, « j’ai une solution : on va garder la moitié pour la cuisine, mettre un quart dans le salon, un quart dans la chambre des parents et si ça ne suffit pas il reste la chambre des enfants », avait ironisé Nicolas Sarkozy devant les militants du Val d’Oise réunis à l’Isle-Adam, demandant ainsi la réparation de cette « fuite ».

Cette vision de l’ancien dirigeant français est loin d’être partagée par les chefs d’Etat du continent africains d’où déferlent les migrants, notamment Macky Sall, Président du Sénégal, qui, en marge de la 33e session du Comité d’orientation du NEPAD, à Johannesburg, le 15 juin 2015, a mis en garde l’Europe que « se barricader » n’est pas la solution pour freiner l’immigration, indiquant que la meilleure réponse à apporter aux flux migratoires incontrôlés, c’est un partenariat économique gagnant-gagnant entre l’Europe et l’Afrique.

Un diagnostic diligent du dirigeant sénégalais qui appelle à établir un partenariat qui prend en compte les rapports historiques entre les deux continents et qui mettrait fin à l’injustice économique et financière que subit l’Afrique à travers des contrats d’exploitation de ses ressources humaines souvent inéquitables et injustes. Mais qui n’est pas partagé par Sarkozy qui appelle le plombier Bruxelles a boucher cette « fuite » par où passent ces migrants.

« La barricade, le Frontex ne suffiraient pas à fermer l’Europe »

Macky Sall qui préconise que l’Europe doit accompagner l’Afrique sur le développement de l’emploi en Afrique à travers des secteurs comme l’agriculture, l’agro-industrie, avait averti que « la barricade seule, le Frontex seul ne suffiraient pas à fermer l’Europe. Sinon, l’histoire rattrapera l’Europe. Elle avait elle-même fait appel à l’Afrique à des moments difficiles (…). Aujourd’hui, tout ce que nous demandons, c’est un traitement avec la dignité requise et une collaboration internationale pour que l’Afrique assure l’avenir de sa jeunesse ». Mais Nicolas Sarkozy lui ironise. « Les sociétés meurent de la consanguinité et n’ont rien à craindre du métissage, mais il faut débattre de la mesure du nombre de gens que l’on peut accueillir et de la manière de les accueillir ».

Cette comparaison de l’afflux de migrants en Europe à une grosse fuite d’eau, raillant la proposition de la Commission européenne de répartir les demandeurs d’asile entre les pays de l’Union n’a pas été du goût de François Hollande qui appelle à la retenue. « Quand il s’agit de personnes, d’êtres humains, quand il y a des sujets aussi graves, je crois que ça vaut pour tout le monde, il faut les aborder et les évoquer avec gravité et donc avec maîtrise », a recadré Hollande.

Et la question qui mérite d’être posée est de savoir si Nicolas Sarkozy est étranger à cette vague de migrants vers l’Europe, pour la plupart en provenance de la Libye, sans Etat, depuis le passage de l’ex-Président français et alliés alors qu’ils évinçaient Mouammar Kadhafi, laissant ce pays sans dirigeant, donc nouveau nid de migrants et siège d’un phénomène encore plus grave que l’immigration : le terrorisme.