Guinée-Côte d’Ivoire : Henri Duparc est mort

Le monde du cinéma africain est en deuil. Henri Duparc est décédé, mardi à 64 ans, des suites d’une maladie. Le cinéaste franco-guinéen, devenu célèbre avec Bal Poussière ou Rue Princesse, laisse un trou béant dans le paysage cinématographique du continent. La levée du corps doit se tenir la semaine prochaine, en vue de son rapatriement en Côte d’ivoire, pays d’adoption du réalisateur.

Henri Duparc s’est éteint mardi à Paris. Le célèbre cinéaste franco-guinéen, âgé de 64 ans, laisse derrière lui une production cinématographique dense et de qualité. Parmi les œuvres qui l’ont rendu célèbre : Bal Poussière (1988), Rue Princesse (1993) ou Une couleur café (1997). Des films où le réalisateur, qui s’est formé au septième art à l’Institut de la cinématographie de Belgrade et à l’Institut des hautes études cinématographiques de Paris, a développé la comédie pour aborder des sujets de société plus ou moins graves. Le réalisateur est retourné en Afrique fin 1967, en Côte d’Ivoire, qui deviendra sa patrie d’adoption. Il y a exercé, de 1967 à 1982, comme réalisateur pour la Société ivoirienne de cinéma.

Carrière prolifique et de nombreux Prix

Henri Duparc, rompu à l’exercice du court, du long métrages et du documentaire, a remporté de nombreux prix. Son premier long métrage Abusuan (1972) a glané le prix Ocam (Organisation commune africaine et malgache) et une mention spéciale de l’office catholique international du cinéma lors du Fespaco (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou) de 1973. Bal Poussière s’est vu gratifié de trois récompenses : le prix de la meilleure réalisation au Festival du film francophone de Fort de France (Martinique), le Grand prix et Prix de la critique du film d’humour de Chamrousse en 89 (France) et le Prix de la critique au Festival du film francophone de Namur (Belgique). Avec Rue princesse, Henri Duparc a décroché le Grand prix au festival international du film de Bari (Italie) et, pour Une couleur café, le Prix du public à Montréal (Canada) ainsi que le Prix du public à Los Angeles (Etats-Unis).

Un homme qui aimait la vie

Henri Duparc était un bon vivant, comme le rapporte dans son article Michel Koffi du quotidien ivoirien Fraternité Matin, qui semble avoir bien connu le disparu. « A quoi vais-je consacrer le peu de temps que je vais passer sur terre ? A vivre ! Vivre pleinement de toutes ces choses que la vie nous donne : l’amour, l’esprit, l’humour… Je comprends pourquoi j’aime tant la vie, l’amour, la bouffe, tout ce qui fait que je suis heureux de la vie… Je suis sûr que sans amour, sans sexualité, sans amitié, sans fraternité, sans rire, sans générosité, il n’y a de place pour aucune vie. Je n’ai pas vécu avec elles, mais je suis persuadé que les fourmis savent rire et savent faire l’amour ».

Et Michel Koffi de conclure : « Il nous laisse une production importante, mais une chose est sûre, il laissera à sa famille, à ses amis, à ses parents et au monde des arts et de la culture d’ici et d’ailleurs qu’il a habité puissamment, un grand vide. […] Voilà, les notes et images du… Bal se sont arrêtées. La bobine du film s’est cassée. L’écran est noir. Ne reste plus que le souvenir et les lettres de ta dernière lettre: tu voulais que j’actualise ma photothèque de tes récentes photos. J’avais pensé que c’était pour illustrer une autre création. Erreur. C’était une manière de me/nous dire… “ A plus tard ! ”. Aujourd’hui, c’est donc fait. Je livre aux lecteurs tes dernières photos. Qui nous donnera encore le goût du rire à l’écran ? »

Au cours de sa carrière, Henri Duparc a achevé une quinzaine d’œuvre entre 1969 et 2005. Son dernier long métrage, Caramel, sorti en avril 2005, et son dernier documentaire, La force du destin, était consacré au Président ivoirien.