Guerre au Mali : « Une volonté de cantonner les groupes jihadistes vers le Nord»

Après avoir repris la ville de Konna, la semaine dernière, les armées française et malienne contrôlent depuis lundi les villes de Douentza et Diabaly. Afrik.com a voulu savoir ce que représente cette victoire militaire. Michel Galy, politologue et sociologue spécialiste du Mali, nous explique qu’il s’agit d’un coup d’arrêt de l’avancée des islamistes vers le Sud, traduisant la volonté de la France et du Mali de cantonner ces jihadistes dans le Nord.

L’armée française accueillie en héros à Diabaly. Les forces françaises, épaulées par l’armée malienne, ont repris lundi la ville de Diabaly qui était contrôlée depuis une semaine par les islamistes. La ville a été abandonnée vendredi, les militaires français l’ont donc conquise sans combattre. La ville de Douentza est elle aussi tombée dans les mains de la coalition. Après onze jours de conflit, l’intervention militaire française a ainsi permis de mettre la main sur trois villes stratégiques en comptant Konna.

Qu’est-ce que cette victoire militaire représente ? « C’est le verrou pour empêcher une éventuelle redescente des islamistes vers Mopti voire Bamako. C’est aussi une volonté de cantonner les groupes jihadistes vers le Nord. Ça représente la fin de ce que Jean-Yves Le Drian a appelé la première phase de l’opération militaire », confie à Afrik.com Michel Galy, politologue et sociologue.

C’est quoi la deuxième phase de la guerre ? « La reconquête du Nord. En revanche, la volonté de destruction des islamistes (comme François Hollande l’avait déclaré) est risquée. Cela pourrait conduire à une guerre longue et étendre le conflit dans tout le Sahel. D’autant que les armées ouest-africaines ne sont pas encore à pied d’œuvre », souligne le spécialiste du Mali.

Déploiement de la MISMA

Les troupes de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) tardent à se déployer. Pour l’heure, une centaine de militaires togolais et 80 soldats nigérians se sont engagés jeudi dans la guerre au Mali. Sans oublier les 500 commandos parachutistes sénégalais.

A cela s’ajouteraient, les forces de la Mission internationale de soutien au Mali (MISMA). « Certaines troupes africaines de la MISMA pourraient directement entrer en jeu à partir du Nord. C’est notamment le cas des contingents nigériens et tchadiens », rapporte Malijet.com. Et de préciser : « A en croire certaines informations, devant se réunir à Niamey, les soldats nigériens et tchadiens devraient traverser la frontière pour se retrouver ensuite dans la ville de Gao ». Sans oublier les 650 militaires béninois arrivés à Bamako ce week-end.

En ce moment, les forces françaises qui ont repris les villes de Diabaly et Douentza sont en train de poursuivre leur avancée vers le Nord.