Grippe mortelle à Madagascar

153 personnes ont déjà succombé à une mystérieuse épidémie au sud-est de Madagascar. Une grippe virale aiguë serait à l’origine de cette vague de décès. Plusieurs équipes de médecins et de chercheurs sont sur place pour identifier la maladie.

Le bilan est lourd. 64 personnes sont mortes ces deux dernières semaines dans le village d’Ikongo au sud-est de Madagascar. Depuis plusieurs jours près de 2000 personnes souffrent d’une grippe non identifiée dans cette partie du pays. Une première vague avait déjà emporté 89 personnes il y a quinze jours dans la région d’Alakamisy Ambohimaha. Au total 153 personnes ont succombé à l’épidémie.

 » Tous les décès ne sont peut-être pas liés à cette maladie. Trois personnes seulement sont mortes à l’hôpital  » précise le directeur du Bureau ministériel de lutte contre les maladies transmissibles. Arthur Lamina reste prudent devant les chiffres annoncés par la commune d’Ikongo. Plusieurs équipes médicales ont été dépêchées sur place pour déterminer les raisons de cette grave contagion. Des analyses sont en cours à l’Institut Pasteur de Tananarive. Les résultats seront rendus publics mardi prochain. Mais dores et déjà, la grippe aiguë est privilégiée. Pour M. Lamina, les symptômes des malades permettent d’écarter les autres infections.

Avis d’alerte

Migraines, rhumes, toux sèche : ces premiers signes de la maladie sont soignés le plus souvent avec des remèdes traditionnels. Eloignées des structures médicales et hospitalières les populations ne consultent le médecin qu’en dernier recours. L’isolement et la pauvreté des habitants du sud-est de Madagascar expliquent en partie la quantité des cas :  » Dans cette région très enclavée, la malnutrition favorise la vulnérabilité des personnes atteintes  » ajoute M. Lamina.

Un avis d’alerte est en vigueur dans les communes limitrophes. Pour éviter la propagation de l’épidémie, une campagne de sensibilisation est menée auprès des habitants des villages atteints. Des médicaments leurs sont proposés afin de prévenir les cas de surinfection, qui entraînent le malade vers la mort en moins de deux semaines.