Grève des taxis à Libreville

Libreville, la capitale du Gabon, a été marquée lundi par une grève des taximen qui dénoncent les nombreux rackets dont ils sont victimes de la part de certaines forces de défense et de sécurité.

Notre correspondant au Gabon

Une bonne partie de la population n’a pas pu se rendre au travail. Les administrations du pays ont été alors paralysées pour toute la journée, pendant que l’activité commerciale tournait au ralenti.

Tous les grands carrefours grouillaient de monde, la plupart des habitants n’étant pas avertis la veille de la grogne des taximen. Les plus courageux ont battu le bitume pour se rendre à leurs postes de travail, alors que les plus paresseux ont rebroussé simplement chemin pour regagner leurs domiciles ou pris les chemins des « maquis » (bars).

Racket à répétition

Les populations gabonaises ne peuvent plus être transportées tranquillement, car les véhicules à bord desquels elles se trouvent sont arrêtés toutes les deux minutes. « Il existe même aujourd’hui à Libreville des circuits que ces transporteurs n’empruntent plus, à cause des rackets récurrents. Ces parcours deviennent plus chers à cause de cette situation’’, a déclaré au quotidien l’Union Jean Robert Menié, président du syndicat libre des transporteurs terrestres du Gabon.

Les « clandos » (transporteurs illégaux) qui ont travaillé ce lundi ont fait de grosses affaires, car les prix par tronçon ont été multipliés par 3 ou 4. La gendarmerie a mis à disposition ses camions, dans certains axes
routiers pour transporter les écoliers et les lycéen, massés dans les carrefours et devant les établissements scolaires.

Cette journée de grève des taximen a laissé apparaître au grand jour, les failles et les insuffisances des moyens publics de transportes. Et ce malgré l’achat, en cette période de la rentrée scolaire où la demande est très forte, de 10 autobus de la Côte d’Ivoire afin de renforcer le parc automobile de la société gabonaise de transport (SOGATRA) portée à bout de bras depuis quelques années par l’Etat.

Le trafic a repris ce matin, suite aux négociations ouvertes hier soir, entre les responsables du syndicat des transporteurs terrestres et les patrons des ministères publics, notamment ceux de la Défense nationale et du ministère de l’intérieur.