Grande percée de l’opposition burkinabè aux législatives

Les partis d’opposition burkinabè ont remporté 54 des 111 sièges de l’Assemblée nationale aux législatives du 5 mai dernier, eux qui n’avaient récolté que 7 sièges aux élections de 1997. Fort de 57 députés, le parti au pouvoir, le CDP, conserve toutefois une courte majorité au parlement.

54 des 111 députés de la nouvelle Assemblée nationale burkinabè sont issus des rangs de l’opposition. Même si le parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), avec ses 57 représentants, garde la majorité parlementaire, les résultats officiels du scrutin législatif du 5 mai dernier témoigne d’un tout nouveau paysage politique dans le pays. Jamais l’alternance n’aura été aussi proche.

L’Alliance pour la démocratie et la Fédération/ Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA), avec 17 sièges, devient le nouveau chef de file de l’opposition au Burkina en devançant le Parti pour la démocratie et le progrès (PDP) crédité de 10 députés. Trois partis  » sankaristes « , se réclamant de Thomas Sankara (héros de la révolution burkinabè assassiné lors du coup d’Etat en 1987 qui a porté au pouvoir l’actuel président Blaise Compaoré) accèdent également aux bancs de l’Assemblée nationale.

Résultat inédit

 » Il s’agit d’un résultat inédit dans notre pays. Nous bénéficions aujourd’hui d’une plus grande représentativité politique « , se félicite Michel Karama, premier vice-président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni).  » Le parlement sortant, élu en 1997, ne comptait que sept membres de l’opposition issus de trois partis différents. Il y a maintenant 13 partis représentés dont 10 qui entrent pour la première fois dans l’hémicycle « .

Le taux final de participation aux élections est portée à 64,16 %. Pour l’heure, aucun mouvement violent de contestation n’a été enregistré par la Céni qui se dit  » agréablement surprise  » par le relatif consensus sur les résultats. Résultats que l’on doit, explique-t-elle, au nouveau mode de scrutin adopté pour ces législatives.  » Si nous avons une assemblée plus diversifiée, c’est parce que nous avons abandonné l’ancien type de scrutin pour un système plus en faveur des petites formations politiques « .

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