Ghana : en fuite, l’ex-ministre des Finances Ken Ofori-Atta obtient la résidence permanente aux États-Unis


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Ghana : en fuite, l'ex-ministre des Finances Ken Ofori-Atta obtient la résidence permanente aux États-Unis
Ken Ofori-Atta

Poursuivi pour corruption dans son pays et déclaré fugitif par la justice ghanéenne en 2025, l’ancien ministre des Finances Ken Ofori-Atta a obtenu la résidence permanente aux États-Unis. Une décision saluée par sa défense, mais qui ne met pas définitivement fin aux procédures engagées contre lui au Ghana, où les autorités rappellent qu’une demande d’extradition reste possible.

Nouveau rebondissement dans le dossier Ken Ofori-Atta. L’ancien ministre des Finances du Ghana, en fonction de 2017 à 2024 sous la présidence de Nana Akufo-Addo, a obtenu le statut de résident permanent aux États-Unis, selon une annonce faite mardi 16 juin par son avocat, Justice Kusi-Minkah Premo.

Âgé de 66 ans, Ken Ofori-Atta séjourne sur le territoire américain depuis janvier 2025 afin d’y recevoir des soins médicaux. Souffrant d’un cancer de la prostate, il y a notamment subi une intervention chirurgicale. Toutefois, son séjour aux États-Unis avait pris une tournure plus complexe après son arrestation par les services de l’immigration, officiellement liée au « statut de son séjour actuel » et non aux accusations dont il fait l’objet au Ghana.

Poursuivi pour corruption, Ken Ofori-Atta déclaré fugitif au Ghana

Déclaré fugitif par les autorités ghanéennes en février 2025, l’ancien grand argentier a ensuite été inculpé pour corruption en novembre de la même année. Début 2026, il avait été interpellé par les agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) alors qu’il sollicitait une prolongation de son autorisation de séjour.

Selon son conseil, la justice américaine de l’immigration a finalement approuvé sa demande de carte verte. « Le tribunal estime que les accusations pénales portées contre lui au Ghana ne sont pas crédibles », a affirmé l’avocat dans un communiqué. Il a toutefois précisé que la décision reposait avant tout sur la conformité de son client aux critères légaux exigés pour l’ajustement de son statut migratoire.

Possible extradition vers le Ghana

Du côté d’Accra, cette évolution n’a pas été interprétée comme un abandon des poursuites. Le Bureau du procureur spécial du Ghana a indiqué avoir pris acte de la décision américaine, tout en rappelant que Ken Ofori-Atta demeure citoyen ghanéen. « M. Ofori-Atta conserve la nationalité ghanéenne et peut toujours faire l’objet d’une extradition vers le Ghana si la juridiction compétente en matière d’extradition aux États-Unis en décide ainsi », a souligné l’institution.

Les accusations contre l’ancien ministre portent notamment sur le financement controversé du projet de cathédrale nationale voulu par l’ancien président Nana Akufo-Addo. Présenté à l’origine comme un projet devant être soutenu par des fonds privés, il aurait finalement bénéficié d’environ 58 millions de dollars issus des finances publiques, selon les enquêteurs.

Ken Ofori-Atta est également soupçonné d’irrégularités dans la conclusion d’un contrat entre l’Autorité des recettes du Ghana (GRA) et la société Strategic Mobilisation Ghana Ltd (SML). Les autorités lui reprochent d’avoir supervisé le versement de plus de 83 millions de dollars à cette entreprise sans que les procédures légales relatives aux marchés publics aient été pleinement respectées.

Cette affaire intervient dans un contexte de renforcement de la lutte contre la corruption sous la présidence de John Mahama. Si ses partisans y voient une volonté d’assainir la gouvernance publique, ses opposants dénoncent une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. En obtenant la résidence permanente aux États-Unis, Ken Ofori-Atta gagne un répit sur le front migratoire, sans pour autant échapper aux défis judiciaires qui continuent de l’attendre au Ghana.

Décision de justice
Décision de justice
Casimir Vodjo Kpenou
LIRE LA BIO
Vodjo Kpenou Casimir est un journaliste béninois basé à Cotonou, titulaire d'une licence en journalisme de l'Institut Universitaire Panafricain de Porto-Novo (2019). Il a forgé son expérience dans des rédactions web africaines. Engagé dans la lutte contre la désinformation, il est membre actif de l'African Fact-Checking Alliance et contributeur au réseau Wikipédia pour l'Afrique francophone.
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