Gambie : Le leader de l’opposition a des ennuis

Ousaino Darboe, provisoirement libéré sous caution, est accusé du meurtre d’un militant du parti au pouvoir.

Ousaino Darboe, leader du Parti démocratique unifié (UDP) – la principale force d’opposition en Gambie – a été arrêté samedi, puis relâché hier à la suite d’une bagarre de rue ayant impliqué des militants de l’UDP et d’autres du parti au pouvoir dans la ville de Basse.

Darboe et vingt-quatre de ses amis ont été accusés de meurtre après le décès, lors des incidents de samedi, d’un partisan de l’Alliance pour la réorientation patriotique et la construction (APRC). Les heurts se sont produits à la fin d’une manifestation que tenait l’UDP en vue des élections régionales de novembre. Selon la BBC, le leader d’opposition a déclaré avoir été attaqué par des manifestants proches du gouvernement, alors que lui-même et ses amis tentaient de démonter une barricade.

Mauvais choix économiques

Voyant la tournure violente que prenaient les événements, Ousaino Darboe et ses amis se sont réfugiés dans un poste de police. C’est là qu’ils se sont vus signifier finalement leur accusation et leur arrestation, avant d’être conduits à Banjul.

La Gambie est un pays relativement prospère et stable grâce au tourisme et à la production d’arachides. La situation locale s’est toutefois dégradée en 1994, année ou s’est déroulée le premier coup d’Etat depuis l’indépendance. Le pouvoir militaire qui s’est mis en place à cette occasion a été confirmé deux ans plus tard par les urnes. Depuis, l’effondrement du cours de l’arachide, en 1999, et les mauvais choix du gouvernement qui ont conduits à la perte de la majorité des contrats d’exportation, ont provoqué une récente détérioration du climat social et la poussée de l’opposition.