Gabon : vague d’arrestations dans les rangs de l’opposition

Depuis le décès du gabonais André Mba Obame et l’incendie de l’ambassade du Bénin, le pays est sous haute tension. Dans ce contexte, plusieurs opposants au pouvoir d’Ali Bongo ont été arrêtes, ces derniers jours, dont le secrétaire exécutif adjoint de l’Union nationale, Gérald Ella Nguéma, qui a été appréhendé, ce jeudi, à son domicile.

La tension est à son paroxysme au Gabon. A la suite du décès de l’opposant gabonais André Mba Obame, survenu le 12 avril dernier, la population gabonaise est descendue dans la rue dénonçant ce qu’elle considère comme une élimination. Quelques jours plus tard, certains opposants au pouvoir ont été arrêtés. Ce jeudi, Gérald Ella Nguéma a été interpellé à son domicile. Il serait cité dans l’affaire de l’incendie de l’ambassade du Bénin. Il a été relâché dans l’après-midi.

Annie Léa Meyé et Georgette Toussaint, deux activistes proches du Front Uni de l’opposition, qui n’hésitent pas à dénoncer les exactions d’Ali Bongo ont été arrêtés, le 18 avril dernier, à leur domicile, à l’aube, par des agents de la police judiciaire. Elles sont accusés d’avoir incendié ou du moins participé à l’incendie de l’ambassade du Bénin. Annie Léa Meyé et Georgette Toussaint auraient été arrêtées uniquement sur ordre verbal du procureur de la République Mme Sidonie Ouwé , très proche du régime d’Ali Bongo.

Détenues dans un endroit secret depuis leurs arrestations , Annie Léa Meyé et Georgette Toussaint ont entamé une grève de la faim en guise de protestation contre les accusations sans preuve du régime d’Ali Bongo. Mardi, sous la pression populaire, la police judiciaire a indiqué aux membres du Front Uni de l’opposition le lieu où elles sont détenues. Annie Léa Meyé est détenue à la direction générale de recherches alors que Georgette Toussaint est retenue au deuxième bureau.

Ces arrestations « arbitraires sans fondement ni base légale » sont devenues la voie royale pour réprimer toute contestation au Gabon, notamment depuis la divulgation par Pierre Péan du faux acte de naissance d’Ali Bongo et de son « coup d’Etat constitutionnel » lors de son accession à la Présidence du Gabon en 2OO9.