Gabon : réclusion à perpétuité pour le meurtrier d’une fillette

Aristide Pambo Moussounda terminera ses jours en prison. C’est la décision que les juges ont prise lundi au palais de justice de Libreville, lors de la première session criminelle ordinaire. Il s’est rendu coupable de l’assassinat d’une jeune fille de douze ans en mars 2009.

(De notre correspondant)

La jeune Bilemba Mouenguela a été assassinée froidement à l’âge de douze ans, en pleine forêt, après avoir été sodomisée. Son bourreau, Aristide Pambo Moussounda a écopé d’une peine de réclusion à perpétuité lundi. Il finira ses jours en prison, selon la sentence des juges.

Le coupable qui reconnait les faits qui lui sont reprochés, affirme qu’il a agit à la demande du sénateur Gabriel Eyeghé Ekomié. Ce dernier lui aurait remis de « l’argent pour tuer quelqu’un et prélever des organes, notamment la langue et le sexe ». Le commanditaire, pour le motiver, lui a remis une avance de 500 000 francs CFA. Il devrait recevoir vingt millions après sa basse besogne, notamment à la livraison de la « marchandise ».

Mais curieusement, l’assassin n’a pas prélevé les organes sur le corps de sa victime, ce qui donne moins de crédit à la thèse du crime rituel commandité qu’il soutient. « Voilà quelqu’un qui va accomplir une mission avec un objectif bien précis, à savoir prélever des organes humains à ramener à son commanditaire, qui tue sa victime, l’entraîne à un endroit idéal pour opérer, mais commence par ligoter le cadavre, le sodomise et oublie l’objectif réel, en ne prélevant pas les organes pour lesquels il a ôté la vie à une jeune fille », s’est étonné également l’avocat de l’accusé.

La cour envisage entendre le présumé commanditaire avant la fin de cette semaine, à condition que son immunité parlementaire soit levée.

Les gabonais ont salué l’ouverture des sessions criminelles et souhaitent que la loi soit appliquée dans toute sa rigueur, afin de punir les criminels, à la dimension de leurs actes et des préjudices causés aux citoyens et à la société.

Il y a quelques semaines, à la suite d’un reportage de Canal + sur les crimes rituels au Gabon, le président de la République, Ali Bongo Ondimba a haussé le ton et a demandé à la justice et aux forces de sécurité de faire leur travail, en vue d’enrayer l’insécurité, le grand banditisme et les crimes rituels dans le pays. La tenue de cette première session criminelle ordinaire obéit donc à la volonté du chef de l’Etat de mettre un terme aux problèmes d’insécurité au Gabon.

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