Gabon : les étudiants dénoncent un « génocide intellectuel » à l’Université d’Omar Bongo

Les étudiants de l’Université Omar Bongo(UOB) de Libreville qui avaient organisé une marche à travers les rues de la capitale gabonaise le 21 mai 2012 ont transmis au Premier ministre ce même jour, Chef du gouvernement, Raymond Ndong Sima, un manifeste dans lequel ils expriment leur ras le bol de la situation qui prévaut au sein de cette institution et sollicité son intervention afin que cessent des manœuvres susceptibles de les conduire vers une année blanche redoutée par tous.

De notre correspondant

Venus à la Primature par un cortège constitué de plusieurs bus, les étudiants ont présenté au Chef du gouvernement, un tableau sombre des comportements de certains des leurs qui empêchent le déroulement normal des cours à l’UOB. Ils ont déclaré qu’ils ne souhaitent pas être des « dindons de la face » en s’auto flagellant. Estimant être par ailleurs pris en otage par certains politiciens véreux, les étudiants appellent à une prise de conscience collective de leurs camarades et à un regard attentif des plus hautes autorités pour le suivi de leurs activités au sein de l’UOB.

Toujours s’agissant de la situation qui prévaut à l’Université Omar Bongo, la marche qualifiée de « Mouvement du 21 mai des étudiants de l’UOB » effectuée ce jour en direction des bureaux du Premier ministre vise selon les manifestant à attirer une fois de plus l’attention des plus hautes autorités sur les risques d’une année blanche qui planent sur leur établissement. Les étudiants par la voix de leur porte-parole, Mlle Perpétue Bélise Dogui, ont qualifié la situation actuelle de « génocide intellectuel » savamment préparé par des personnes décidées à stopper l’élan de savoir des étudiants. Le porte-parole des étudiants a souhaité par ailleurs l’implication de toutes les parties concernées, afin de ramener la sérénité au sein de la plus vieille université du Gabon.

« Nous voulons poursuivre l’année académique dans un climat apaisé »

Aussi, a-t-elle appelé le Chef du gouvernement à mettre tout en œuvre afin de leur éviter une année blanche. « Monsieur le Premier ministre, le mouvement du 21 mai des étudiants de l’U.O.B exprime ici son refus de cautionner la violence comme mode de revendication, son refus de servir les intérêts d’une classe politique, son refus d’une année blanche et son désarroi face à un avenir incertain » a-t-elle annoncé. Poursuivant dans cette logique, elle a, au nom des étudiants, exprimé le vœu de poursuivre dans la quiétude, le rythme normal des cours pour la présente année académique.

« Nous voulons poursuivre l’année académique dans un climat apaisé en nouant un dialogue constructif avec les hautes autorités du pays » a-t-elle indiqué. Pour elle, l’université serait devenue un laboratoire des apprentis sorciers qui utilisent des étudiants comme cobaye pour leurs basses besognes. La jeunesse gabonaise estime-t-elle doit montrer qu’elle est digne de confiance et qu’elle peut apporter des solutions aux maux qui minent leur institution.

De multiples revendications

Face à ce climat, les étudiants ont remis un manifeste au Premier ministre. Ce document contient l’essentiel de leurs revendications. Il s’agit notamment de l’ouverture du dialogue avec les étudiants, la suspension de la mesure concernant le critère d’âge pendant trois ans, la réactualisation du livret de l’étudiant, l’ouverture des débouchés à travers l’organisation des concours, l’harmonisation du système LMD, la réouverture de la maison des étudiants, l’harmonisation du versement du trousseau scolaire à tous les étudiants. Ils ont suggéré également une réhabilitation des structures d’accueil, la bibliothèque et le restaurant universitaire, ainsi que la construction des structures sportives.

En réponse à ces suggestions, le Premier ministre a dit aux étudiants de ne pas se laisser entraîner dans des mouvements qui compromettent leurs chances de réussite à l’UOB. Il a également déclaré qu’il convoquera dans de meilleurs délais, les différents départements ministériels concernés par les questions de l’enseignement afin que soit trouvée une solution définitive aux mouvements d’humeur fréquents dans ce temple du savoir. Comme à leur arrivée, c’est dans le calme que les étudiants ont regagné l’Université Omar Bongo.

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