Gabon : les difficultés des industries de transformation du bois

L’industrialisation de la filière bois est actuellement considérée par le gouvernement comme un des axes majeurs de la diversification de l’économie nationale. L’objectif des autorités de Libreville : créer de la valeur ajoutée et des emplois au Cameroun. Mais les industries de transformation du bois sont confrontées à de nombreuses difficultés que le chef du projet d’aménagement des petits permis forestiers gabonais et ingénieur des eaux et forêts, N’sitou Mabiala a présentées lundi aux partenaires occidentaux venus au Gabon pour soutenir les efforts de l’Etat dans ce secteur.

(De notre correspondant)

« Il subsiste aujourd’hui des points critiques au niveau des industries de transformation du bois, quel que soit le segment d’activités considéré. Au regard de nombreux problèmes techniques récurrents dans la première et surtout la deuxième transformation du bois », a souligné le chef du projet d’aménagement des petits permis forestiers gabonais et ingénieur des eaux et forêts, N’sitou Mabiala, expliquant que c’est l’existence de ces points critiques ou difficultés qui est à l’origine du retard pris par le Gabon dans le domaine de l’industrie du bois.

Le premier point, selon l’ingénieur des eaux et forêts concerne le séchage du bois. A ce niveau, il a estimé que les capacités sont inexistantes, insuffisantes ou mal gérées dans les structures industrielles, avec la présence de trop de rebuts et une très basse qualité du séchage. Le second point est en rapport avec les rendements matière, avec la réduction, voire même la raréfaction de matière première dans certaines entités suite aux difficultés d’approvisionnement. Il a évoqué également des problèmes liés à la productivité et à la gestion de la qualité dans les structures industrielles du bois.

Pour le décollage de l’industrie du bois, N’sitou Mabiala souhaite que le gouvernement et les opérateurs économiques prennent en compte dans leurs stratégies de nombreux facteurs, entre autres, l’existence, la pérennité et la compétitivité de la ressource, l’existence d’un marché multiple, l’existence d’une main d’œuvre compétente et compétitive, la qualité et l’efficacité du management des opérateurs et la volonté politique d’inscrire l’industrialisation du bois dans une stratégie cohérente et surtout la capacité d’en assurer la mise en œuvre, sans oublier la formation des acteurs impliqués à tous les niveaux de la chaîne de l’industrie du bois.

Les domaines de formation, selon l’expert, peuvent être classés en trois catégories, notamment la connaissance et la préparation du matériau bois, les métiers spécifiques à la 2e transformation du bois et les métiers génériques des industries. Parmi ces métiers, figurent entre autres, les opérateurs spécialisés conduisant les machines, les agents utiles à la conception et au développement des produits et les agents spécialisés dans le réglage et la maintenance des équipements ou outils de production.

Le problème de la formation est très crucial dans le processus d’industrialisation de cette filière. 90% des agents rencontrés dans les industries ne sont pas formés, ce qui constitue un véritable handicap en cette ère de compétitivité économique.